Le citadin et la nature

Pensée du jour,

Le citadin et la nature

On peut se demander comment nos congénères des cités apprécient la nature.

Ils ont accès à quelques bacs à fleurs, quelques arbres dans un parc, quelques m² de pelouse…soit quelques ilots surgissant du béton et du bitume.  Quelques clins d’œil de paix dans le brouhaha, l’agitation fébrile et la cohue de leur cadre de vie.

Quelques journées de vacances, encore accompagnées par le brouhaha, l’agitation fébrile et la cohue, mais en plus, quelques belles perspectives sur une baie majestueuse ou une montagne transcendante, un moment de paix qui surprend, car il tombe dessus inattendu.  Il y a sans doute divers degrés d’appréciation.

Le degré où on est surpris par la beauté d’une fleur, d’un paysage extraordinaire qui impressionne et intrigue. ( – C’est beau çà !)

Le degré écolo, qui évalue la mystérieuse sagesse que la science révèle. On peut en faire des tableaux didactiques savants. ( – C’est profond et précieux, çà !)

Le degré passionné du jardinier ou du collectionneur. Il vit avec ses plantes, avec le rythme de son jardin qui devient un bout de son âme. ( – C’est merveilleux, çà !)

Bien des degrés, jusqu’à celui du poète mystique qui vit dans ce qu’il voit, s’intègre à la feuille, à la forme de la branche, à la couleur du pétale. Immergé dans la présence de l’être environnant qui vibre avec son propre souffle. (-C’est sacré, çà !)

Victor Hugo,

Aux arbres :

« Arbres de la forêt, vous connaissez mon âme!

…- vous m’avez vu souvent,

Seul dans vos profondeurs, regardant et rêvant.

Vous le savez, la pierre où court un scarabée,

Une humble goutte d’eau de fleur en fleur tombée,

Un nuage, un oiseau, m’occupent tout un jour.

La contemplation m’emplit le cœur d’amour…

… Quand je suis parmi vous, arbres de ces grands bois,

Dans tout ce qui m’entoure et me cache à la fois,

Dans votre solitude où je rentre en moi-même,

Je sens quelqu’un de grand qui m’écoute et qui m’aime!… »

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« L’espace vide des vallées et la solitude illimitée qui règne au sein des chaînes montagneuses conduisent à l’émergence du cœur véritable. Lorsque vous observez la source pure qui bruisse sur le calcaire clair, les précipices abrupts auxquels s’accrochent quelques pins tenaces, votre cœur commence naturellement à entrer en communion avec la nature, et avec ces étendues isolées et désertes que l’esprit humain fréquente rarement. »

Hu Xuezhi, Maître taoïste de Wudang.

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 Où allons-nous ? Notre monde perd le contact avec la nature, qu’on n’a pas le temps de regarder, on ne perçoit plus le ciel de nuit, ni la paix des petits matins…

Nous vivons inconscients dans des charivaris qui nous divertissent et nous abasourdissent.

En dehors du tohu-bohu et des affairements, chacun peut retrouver la communion avec l’âme silencieuse du monde, et vivre alors plus pleinement.

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