DÉTERMINISME, conditionnement, libre-arbitre

 

 On peut se demander si tous nos choix ne sont pas déterminés par notre conditionnement, nous croyons sans doute disposer d’un libre arbitre, mais qu’en est-il en fait ?

De toute évidence, nous sommes fortement conditionnés, mais…

mais on peut observer ceci:

Nous sommes surtout conditionnés dans les domaines les plus lourds, les plus physiques de notre être.

L’appartenance à un sexe est déjà un déterminisme qui dicte ses lois. Les instincts (le boire et le manger etc.) nous conditionnent comme les animaux. Nous n’avons que deux oreilles ! Si nous devenons sourds, la troisième ne nous aidera pas. !!

Si nous remontons un peu plus haut nous voyons que dans la sphère émotionnelle, nous sommes aussi fortement conditionnés par tout notre vécu, toute notre formation familiale et affective qui est propre à chacun et dont on a bien du mal à se défaire si elle est gênante,

Encore faut-il se rendre compte de ce conditionnement.

Si nous remontons un peu plus haut jusqu’à la sphère intellectuelle, on voit bien que nous sommes encore totalement conditionnés par tout ce que nous avons appris, sur les plans religieux, philosophique, scolaire, politique, culturel, et même par notre milieu géographique.

Notre milieu culturel est comme une teinture qui nous donne irrémédiablement une couleur différente des autres…

Il semble bien que nous ne pouvons pas exercer de libre choix dans un tel contexte.

 Et pourtant,

si nous remontons encore un peu plus haut, nous arrivons dans la sphère spirituelle, et là, surprise ! Il y a bien des possibilités de libre arbitre.

Le mental intellectuel est conditionné car les concepts appartiennent au monde physique. Un mot, c’est une chose rattachée aux choses, même les mots abstraits.

Prenons l’exemple du mot Liberté, il nous relie à la Révolution, au fronton de la Mairie, aux interdictions des parents, à des images de prison, à des contrôles de police, à des souvenirs de vacances, etc…mais il ne nous donne aucunement des indications sur les choix d’action, il ne nous donne aucune latitude spontanée pour vivre et agir, il nous rattache simplement à de multiples autres choses.

Donc si nous remontons encore un peu plus haut, nous arrivons dans le mental plus spirituel, et c’est là que nous découvrons notre libre arbitre.

Le mental spirituel est détaché de la matière, des mots. Le mental spirituel, c’est l’intuition fulgurante, l’imagination, la créativité, l’inventivité spontanée.

C’est la libre conscience qui peut nous offrir des choix de libre arbitre, surtout si nous la développons.

Il y a ainsi en nous l’observateur silencieux qui nous indique ce qui est bon et ce qui n’est pas bon à faire. Suivre ses indications ou non, c’est du libre arbitre.

Si nous n’avions aucun libre arbitre, nous serions tout simplement restés sur un plan très animal.

Nous faisons tous l’expérience que nous devenons plus libres et plus légers à mesure que nous nous développons spirituellement. Cela correspond à une libération des conditionnements, à la dissolution des liens qui nous attachent à notre passé.

Il est impossible de se défaire complètement des conditionnements et déterminismes propres à la vie en ce monde, mais c’est notre travail que de s’en libérer le plus possible pour devenir davantage des êtres spirituels.

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Les anciens et les modernes

A notre époque, nous vivons une période de transformation des pratiques spirituelles. Les anciennes religions ne sont plus guère suivies. Elles perdent du crédit car leurs théologies, qui sont des constructions fabriquées pour des temps anciens, paraissent désuètes face aux découvertes de la science moderne et aux nouveaux styles de vie.

Et pourtant le besoin de certitudes spirituelles n’a jamais été aussi grand, justement à cause de l’effondrement des religions.

Dans ce contexte, on voit apparaître une spiritualité nouvelle spontanée, celle du New Age, qui improvise des découvertes spirituelles diverses, un peu dans toutes les directions.

Notons au passage que les festivals de musique de la jeunesse sont très chargés de spiritualité.

On voit aussi apparaître des manifestations assez cohérentes qui ont tendance à prendre le haut du pavé.

Il s’agit de l’enseignement de multiples personnes qui ont connu l’éveil spirituel, et qui en témoignent. Osho, Arnaud Desjardins, Douglas Harding, Eckhart Tolle, etc, nommez-en autant que vous voudrez, ils sont très nombreux, heureusement.

Ces enseignants ont tous leurs disciples, et ils répondent donc au besoin d’une spiritualité moderne acceptable et reconnue.

Ces enseignements d’éveillés possèdent naturellement des points communs : ils mettent l’accent sur la découverte de notre nature profonde, qui se révèle dans le lâcher-prise. Foin des dogmes et des théologies, il suffit d’entrer en soi-même pour découvrir notre vraie nature et la présence transcendante de la réalité spirituelle.

Chacune de des lignes de vision possède sa spécificité, son point de vue original, mais dans la même tendance d’ensemble.

Alors la question qui se pose, bien entendu : que faut-il maintenant faire des traditions anciennes, sont-elles à jeter aux orties comme les religions discréditées ?

Certaines traditions orientales restent très respectées, justement à cause de leur culte de la vacuité, de la pratique méditative en dehors des théories dogmatiques. Le Bouddhisme, l’Hindouisme, le Zen… rassemblent un nombre important d’adeptes qui disposent d’un enseignement assuré et cohérent.

On respecte également les traditions premières, comme le Chamanisme, qui ont des pratiques simple et spontanées, dépourvues de croyances gênantes.

Il demeure également les structures spirituelles indépendantes solidement ancrées qui se maintiennent en dehors des remous, comme la Franc-Maçonnerie, la théosophie, etc.

La situation est différente pour les disciples des éveillés modernes. Ils adoptent les vues de leurs maîtres à penser, et trouvent là leur bonheur. Mais pour une grande part, ils demeurent encore dans la recherche et le questionnement, comme s’ils cherchaient plus d’assurance et plus de réponses.

Une tendance remarquable chez eux est de penser qu’ils ont trouvé la pierre philosophale et que tout le reste ne vaut rien. Ils diraient « Tout ce qui a été enseigné auparavant, c’est de la crotte de bique, des croyances dépassées qui n’étaient utilisées que pour contrôler le bon peuple. Ce que les anciennes traditions véhiculent, c’est tout simplement inutile ou dépassé. »

Ce serait là une erreur majeure.

Certaines traditions sont encore beaucoup à apporter.

D’abord elles mettent l’accent sur la pratique méditative et l’éveil, tout comme les éveillés modernes qui ne font que découvrir ce que l’on sait déjà depuis longtemps.

 

L’ENSEIGNEMENT DES ÉVEILLÉS MODERNES OUVRE LA PORTE

─ Excusez monsieur, mais je trouve que ce que j’apprends chez mon guide spirituel me convient parfaitement, et je n’ai pas besoin d’aller chercher ailleurs.

─ Exact. Cet enseignement est très utile. Il est excellent. Du reste il n’y a pas d’autre entrée dans la spiritualité moderne véritable. Il faut passer par là, leur enseignement est ce qui convient. Ayez confiance, ce n’est pas une fausse route, c’est la bonne.

─ Mais alors que trouvez-vous à dire de plus ?

─ Je dirais que si les éveillés modernes ouvrent la porte d’une spiritualité adaptée à notre monde, leur enseignement ne contient quand même pas tout ; il lui manque ce que les traditions anciennes peuvent apporter.

─ Comme quoi ? Pouvez-vous expliquer plus clairement ?

─ Le savoir ancien est le trésor de l’humanité. Une tradition telle que la Voie Intégrale (Tao) possède un savoir prodigieux. On peut suivre les enseignants modernes, mais leur vision est limitée à celle d’une personne, il se peut que cela nous tienne vous aussi dans un périmètre spirituel limité.

Par exemple rester fixé sur l’idée qu’il n’y a pas de chemin à faire car tout est déjà là.

─ Mais les anciens le disent aussi !

─ Oui, mais il y a plus que cela. Vous aurez besoin d’autres informations, d’autres réponses.  Vous risquez par exemple de rester enfermés dans une lutte stérile contre votre « mental » et contre votre ego. Cela va limiter les progrès que vous pouvez faire.

Il n’est pas dit que si leur expérience est fiable, ce soit la même chose que vous devriez adopter illico, en essayant de vous raccrocher à leur niveau à eux. (Vous ne pouvez pas coller sur vous leur acquis à eux.)

─ J’obtiens les réponses dont j’ai besoin, et je suis satisfait de mon évolution.

─ Bien, mais sachez aussi que la tradition de la Voie Intégrale contient toutes les réponses dont vous aurez encore besoin plus tard.

─ Mais c’est quoi cette particularité de la Voie Intégrale ?

─ Il manque aux éveillés modernes quelques dizaines de siècles d’expérience. L’éveil leur est tombé dessus à l’improviste, comme le ciel vous tombe sur la tête. La chose est différente dans les traditions où les pratiquants passent des journées, ou des années, en retraite méditative. Souvenez-vous de cet ermite qui était allé chercher du pain et qui sur le chemin du retour se mit en méditation. Lorsqu’il refit surface, le pain était moisi.

─ Qu’est-ce que ça montre ?

─ Cela montre une pratique dans laquelle il est possible d’atteindre des connaissances très profondes, c’est ce que l’on nomme la sagesse.

─ Que voulez-vous dire ?

─ Sagesse signifie connaissance profonde et complète.

La voie du Tao est une culture en dehors de toute mesure. Parce qu’elle a débuté à l’époque préhistorique et s’est poursuivie en se développant et en s’enrichissant au cours des âges sans interruption. C’est la même culture, la même pensée qui s’est poursuivie depuis les chamans des temps les plus reculés jusqu’aux temples et hôpitaux de l’époque moderne.

Songez à un savoir humain unifié se continuant depuis les grottes ornées protohistoriques, jusqu’aux périodes de l’antiquité et aux temps modernes, et cela sur un territoire immense.

─ Et alors, qu’est-ce que ça donne ?

Cela donne de comprendre complètement tout ce qui nous entoure. Savoir que tout est fondé sur une énergie unique qui se manifeste en esprit, en force vitale et en matière. Cela montre quelle est la structure de l’univers et de la personne, quelle est leur évolution, et donc le sens de la destinée. Cela peut donner la découverte des êtres surnaturels qui nous entourent. Cela donne des applications pratiques en médecine, en diététique et en art de vivre.

Cela donne aussi une voie à suivre pour se développer spirituellement.

─ Mais on n’a pas besoin de savoir tout ça si l’on a compris que tout est une seule et même  nature spirituelle, y compris la nôtre.

─ Vrai. Tout comme on n’a pas besoin d’être médecin pour être en bonne santé. On n’a même besoin d’aucun enseignement quand on sait répondre instinctivement à sa nature profonde.

─ Dites-nous donc pourquoi vous insistez à comparer les anciens et les modernes.

─ C’est une mise en garde contre l’erreur de rejeter une tradition comme la Voie Intégrale. On entend parfois dire : tous ces enseignements ne sont que des croyances. Or cela est parfaitement faux. Ce sont des découvertes précieuses et permanentes fondées sur l’expérience.

Le livre de base de la médecine chinoise est daté entre le 4e et le 2e siècle avant notre ère, mais il est toujours utilisé et enseigné comme la référence de base, car ce qui est dedans n’a pas à changer. C’est comme si vous étiez soigné par un médecin des pharaons avec des résultats aussi bons ou parfois meilleurs que ceux de l’hôpital du coin. Un traité de prescriptions datant de l’an 652 est toujours utilisé, parmi tant d’autres.

Il en va exactement de même des enseignements spirituels, qui font partie de la même sagesse, comme le Tao Teh Ching. Si on les approfondit, on découvre des connaissances dont l’étendue, la profondeur et la précision sont époustouflantes. Cela, les éveillés modernes l’ignorent, c’est pourquoi il faut prendre avec un grain de sel une remarque comme celle-ci :

« Si quelqu’un vous déclare que vous pouvez apprendre quelque chose ou obtenir une perception directe grâce à une technique ou un système, passez votre chemin. » (J. Klein)

Cela n’est pas exact. Il existe des exercices qui peuvent conduire à l’éveil. Il existe des méditations actives qui peuvent conduire à des progrès remarquables. Ce n’est pas parce qu’on ignore une chose qu’elle n’existe pas !

─ Vous avez votre  vérité, donc c’est la bonne !

Non, la vérité est disséminée partout, comme l’air et l’énergie, elle appartient à tout le monde, elle est universelle, on ne peut pas se l’approprier.

Simplement disons qu’il vaut mieux ne pas négliger ce que l’on ne connaît pas. Selon toute vraisemblance, cela peut compléter ce que vous savez déjà, si vous êtes assez tolérant pour l’examiner de près.

Dans une vidéo, Stephen Jourdain déclare avec une belle assurance : « toutes les traditions sont à mettre à la poubelle ! »

C’est ce genre d’erreur qu’il faut éviter.

─ A quoi bon nous parler d’une sagesse qui ne nous est  pas accessible, on ne la trouve nulle part !

Nous n’en avons pas forcément besoin, peut-être l’avons-nous déjà.

Nous sommes à l’ère des communications et ce qui était inconnu depuis des siècles peut devenir accessible. Quand nous en aurons besoin, sésame s’ouvrira. Nous ne perdons rien.

Les éveillés nous ouvrent la porte, nous avons ce qu’il faut, nous sommes au bon endroit au bon moment. Nous faisons la bonne pratique, tout est là.

Nous venons d’entrer dans l’ascenseur, mais nous ne sommes pas encore au 36e étage.

─ Ah bon ! C’est ça que ça veut dire : « on voyage mais il n’y a pas de chemin,  le but du trajet et le trajet sont la même chose. Vous partez mais vous êtes déjà arrivés ! »

C’est l’ascenseur !

— Si on peut en rire, il doit y avoir du vrai.

 

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