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7 juillet 2014 1 07 /07 /juillet /2014 08:19

Cet article est la traduction d'une vidéo de maître Chen,

que l'on peut retrouver en anglais sur son site:  www.daousa.org

sous l'onglet Daoism

 

  About Taoism

 

 

Le but de la vie

 

 

Le bonheur et la joie, c'est cela le seul but de la vie.

Nous venons avec la mission d'effectuer un voyage pour être heureux, joyeux, pour aimer la vie : c'est cela le but de la vie.

Nous souffrons de stress à cause des problèmes d'alimentation, d'eau, d'air, de politique, de religion...Nous devenons les victimes de la vie, les esclaves de la vie. Nous entretenons cette condition. Alors la vie nous aspire comme un tourbillon avec un énorme pouvoir pour nous tirer vers le bas.

Nous oublions ce que nous sommes. Nous oublions comment aimer, comment pardonner, nous nous sentons victimes de l'existence. Nous perdons de vue le but de la vie, qui est d'avoir du bonheur. Notre pouvoir intellectuel et spirituel est fort, mais il est diminué par le stress.

 

Il nous faut tourner nos sens vers l'intérieur. Nos sens sont tous tournés vers l'extérieur pour voir, sentir, toucher. Nous sommes absorbés par le stress et la confusion du monde, nous oublions d'être les maîtres de notre existence.

Afin de retrouver la conscience d'aimer, d'avoir de la compassion, tournez-vous vers l'intérieur, ralentissez, devenez tranquilles. Sentez votre corps, sentez votre mental, sentez votre esprit, sentez votre cœur, sentez votre amour. Chaque jour à plusieurs reprises tournez-vous vers l'intérieur pour méditer, communiquer avec votre propre esprit. Vous vous rendrez compte à quel point vous êtes spirituels et combien les attachements au monde externe ont peu de sens. Venez-en au sens de votre vie qui est d'être joyeux, heureux, d'aimer.

Vous pouvez courir après tous les biens matériels du monde, mais quand vous perdez l'amour de votre famille, cela n'a plus de sens. En fin de compte, vous êtes confrontés à la vieillesse, à la douleur, à la mort, et vous ne pouvez pas emporter un seul sou avec vous. Est-ce que cela a du sens ?

 

Le bonheur, c'est ce qui peut vous accompagner, c'est très tangible. Ressentez-le dans votre cœur. Est-ce que vous vous aimez vous-même, et votre famille, et le monde autour de vous ? Si la réponse est oui, vous êtes capable de partager de l'amour, de répandre de l'amour autour de vous.

 

Cet amour vous rend capables de devenir conscients de ce qui se passe autour de vous, pour l'environnement, l'air, l'alimentation, les gens qui vous entourent. On devient si sensible qu'on ne fait qu'un avec l'univers. On devient de l'harmonie. L'amour, c'est partager.

L'amour n'est pas égoïste. On prend vraiment soin de soi. Nous sommes un parmi tous. Si nous rejetons la communauté, la communauté nous rejette. Notre esprit nous rejette. La vie est faite pour partager, pour manifester de la joie.

Nous sommes une usine à amour, nous fabriquons l'amour et ensuite nous pouvons le partager autour de nous. Le cosmos est à l'intérieur de moi, et je ne fais qu'un avec le cosmos.

Entretenez l'amour et la joie en vous afin de pouvoir les partager avec ceux qui vous entourent.

Ré activez le pouvoir reçu de Dieu, la conscience morale, la compassion, le pardon.

Nous apprenons à créer l'amour et apprenons comment être en harmonie avec les autres, le monde et nous-mêmes.

Trouvez ce pouvoir. Je suis un avec le monde, le monde est en moi.

Published by lescribe - dans Tao
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1 juillet 2014 2 01 /07 /juillet /2014 14:35

 

 

Great Buddha   

 

 

PRESENTATION SUR CE SITE

 

 

Cet enseignement pour apprendre à méditer est présenté ici parce qu'il est vraiment excellent.

Les apprentis en méditation connaissent beaucoup de difficultés qu' ils ont du mal à dépasser, en particulier celle qui consiste à « faire le vide. »

 

La peur du vide

 

On se débat et on peine à faire le vide mental. C'est un erreur.

Il ne faut pas rechercher le vide.

Atteindre le vide mental signifie simplement se débarrasser des pensées importunes.

Sur ce point justement, l'enseignement des Moines de la Forêt de Thailande offre une recette géniale :

Il s'agit de rester sur le moment présent.

Il devient alors plus facile de rester présent à soi-même, et de voir s'écarter les pensées importunes.

L'enseignement nous guide pas à pas de façon détaillée dans les premières étapes, et nous montre le chemin pour la suite, vers les percées spirituelles les plus avancées.

Merci à ces Maîtres de la tradition Théravada.

 

 

Ce document comprend :

- l'enseignement de la méditation

- des annexes

- un glossaire des termes bouddhistes

- un commentaire à la fin

 

 

 

Buddha 2   

 

 

 

 Tous droits réservés.

Toute reproduction, intégrale ou partielle, sous toute forme, à des fins de vente, de profit ou de gain, est interdite. Des copies de ce livre, ou l'autorisation de le réimprimer pour la distribution gratuite, peuvent toutefois être obtenues par écrit auprès de :

L'Abbé,

Wat Pati Nanachat,

Bahn Bung Wai,

Ampher Warin,

Ubon Rajathani 34310,

Thailand.

Pour distribution gratuite.

Imprimé par l'école Thawsi School et la Fondation

Panyaprateep en Thaïlande.

grâce au soutien des disciples moines et laïcs d' Ajahn Chah

dans la Tradition de la Forêt en Thaïlande.

Première édition

septembre 2008

 ©2007 la Sangha, Wat Pah Nanachat

 

 

 

 

 

Sabbadanam dhammadanam jinati

  "Le don du Dhamma. excelle tout autre don "

 

 

 

La méthode de base

Le but de la méditation



Le but, dans cette méditation, c'est la beauté du silence, du calme et de la clarté d'esprit.

La méditation, c'est le moyen de parvenir au lâcher prise. Dans la méditation, on lâche prise du monde extérieur, complexe, pour atteindre le monde intérieur, serein. Dans tous les types de mysticisme, ainsi que dans de nombreuses traditions, ceci est connu comme la voie vers l'esprit pur et puissant. L'expérience de cet esprit pur et libéré du monde est merveilleuse et heureuse.

Pendant cette retraite, il y aura du travail difficile à faire au début, mais consentez à endurer la difficulté du travail, vous rappelant qu'il vous fera vivre des états très beaux et significatifs. Ils en vaudront bien la peine ! C'est une loi de la nature que sans effort on ne progresse pas. Qu'on soit laïque ou moine, on n'arrive nulle part sans effort, qu'il s'agisse de la méditation ou de n'importe quoi d'autre.

Pourtant l'effort seul ne suffit pas. Il doit être appliqué astucieusement . Cela signifie diriger votre énergie juste aux bons endroits et l'y maintenir jusqu'à ce que la tâche soit accomplie. Un effort appliqué avec astuce n'est ni gênant ni dérangeant, et il produit cette belle paix de la méditation profonde.

Pour savoir où diriger votre effort, il vous faut comprendre clairement le but de la méditation. Le but de la méditation, c'est la beauté du silence, du calme et de la clarté d'esprit. Si vous parvenez à comprendre ce but, alors le lieu d'application de votre effort et le moyen d'atteindre le but deviennent très clairs.

L'effort est dirigé vers le lâcher prise, vers le développement d'un esprit qui tend à l'abandon. Une des nombreuses déclarations simples mais profondes du Bouddha est « qu'une personne qui médite, dont l'esprit tend à l'abandon, atteint sàmadhi facilement » (précisément le but de la méditation). Une telle personne obtient ces états de béatitude presque automatiquement. Ce que disait le Bouddha c'est que la principale cause de la méditation profonde, pour atteindre ces états puissants, c'est la volonté d'abandon, de lâcher prise et de renoncement.

Pendant cette retraite de méditation, ce n'est pas l'esprit qui accumule et s'accroche aux choses que nous allons développer, mais plutôt l'esprit qui consent à lâcher prise, à poser les fardeaux. En dehors de la méditation, nous devons porter le fardeau de nombreux devoirs, comme autant de lourdes valises, mais pendant la période de méditation tous ces bagages ne sont pas nécessaires. Pendant la méditation, voyez donc si vous pouvez décharger autant de bagages que possible. Considérez ces choses comme des fardeaux, de lourds fardeaux qui vous pèsent. Ce sera alors l'attitude correcte pour lâcher prise de ces choses, les abandonner librement, sans vous retourner. Cet effort, cette attitude, ce mouvement de l'esprit qui tend à l'abandon, c'est ce qui va vous mener à la méditation profonde. Dès les premières étapes de cette retraite, voyez si vous parvenez à générer cette énergie de renoncement, la volonté de donner et, petit à petit, le lâcher prise se fera. A mesure que vous abandonnez les choses dans l'esprit, vous vous sentirez beaucoup plus léger, délesté et libre. Dans la voie de la méditation, cet abandon des choses se fait par étapes, pas à pas.

Vous pouvez franchir les étapes initiales rapidement si vous le désirez, mais si c'est le cas, faites très attention. Parfois, en franchissant les étapes initiales trop vite, on trouve que le travail de préparation n'a pas été accompli. C'est comme essayer de construire une villa sur des fondations faibles et posées à la va-vite. La structure grimpe très vite, mais elle retombe très vite aussi ! Vous seriez donc sages de passer beaucoup de temps sur les fondations, et sur le « rez-de-chaussée aussi, en accomplissant un bon travail de base, solide et ferme. Ensuite lorsque vous procéderez aux étages supérieurs, les états méditatifs de félicité eux aussi seront solides et fermes.

Dans la méthode que j'emploie pour enseigner la méditation, j'aime bien commencer par l'étape toute simple d'abandonner les bagages du passé et du futur. Vous pourriez être tentés cle croire que c'est quelque chose de très facile à faire, que c'est trop fondamental. Si toutefois vous prenez tout votre temps, si vous ne vous précipitez pas aux étapes ultérieures de la méditation sans avoir correctement atteint le premier but qu'est L’attention maintenue sur le moment présent, vous trouverez plus tard que vous aurez établi une fondation très solide sur laquelle bâtir les étapes suivantes.

Abandonner le passé signifie ne même pas penser à votre travail, votre famille, vos engagements, vos responsabilités, votre histoire, les bonnes et mauvaises périodes de votre enfance... Vous abandonnez toute expérience passée en n'y accordant absolument aucun intérêt. Vous devenez quelqu'un qui n'a aucune histoire pendant la période consacrée à la méditation. Vous ne pensez même pas à l'endroit d'où vous venez, où vous êtes né, qui étaient vos parents ou ce qu'a été votre éducation. Toute cette histoire, on y renonce dans la méditation. De cette façon, tout le monde en retraite ici se trouve sur le même pied d'égalité, simplement quelqu'un qui médite. Ça perd de son importance de savoir depuis combien d'années vous méditez, si vous avez de l'expérience ou si vous êtes débutant. Si vous pouvez abandonner toute cette histoire, nous sommes alors tous égaux et libres. Nous nous libérons de certaines de ces préoccupations, de ces perceptions et de ces pensées qui nous limitent et nous empêchent de développer la paix née du lâcher prise. Donc au bout du compte, vous lâchez prise de chaque « partie » de votre histoire, même l'histoire de ce qui vous est arrivé jusqu'ici pendant cette retraite, même le souvenir de ce qui vous est arrivé il y a un instant encore ! De cette manière vous ne transportez aucun fardeau du passé dans le présent. Quoi qu'il vienne d'arriver, vous ne vous y intéressez plus et vous lâchez prise. Vous ne permettez pas au passé de se réverbérer dans votre esprit.

Je décris ceci comme transformer l'esprit en cellule insonorisée. Quelle que soit l'expérience, la perception ou la pensée qui entre en contact avec la paroi de la « cellule insonorisée, » elle ne rebondit pas. Elle est simplement absorbée par le rembourrage et s'arrête là. Ainsi, nous ne permettons pas au passé de faire écho dans notre conscience, en tout cas pas à ce qu'il s'est passé hier et auparavant, parce que nous cherchons à développer un esprit enclin au lâcher prise, à l'abandon et au délestage.

Il y a des gens qui se disent que s'ils se mettent à contempler le passé, ils peuvent d'une certaine manière en apprendre quelque chose et résoudre les problèmes du passé. Il vous faut toutefois comprendre que lorsque vous regardez le passé, vous êtes immanquablement entrain de le regarder à travers des verres déformants. Quel que soit le souvenir que vous en ayez, il ne correspond pas vraiment à la réalité. C'est pour ça que les gens se disputent sur ce qui s'est passé, même il y a quelques instants. Il est bien connu des policiers qui enquêtent sur les accidents de la route que, même si un accident a eu lieu il n'y a qu'une demi-heure, deux témoins oculaires différents, tous deux entièrement honnêtes, rapporteront des faits différents. Notre mémoire n'est pas fiable. Si vous considérez un peu le manque de fiabilité de la mémoire, vous n'accorderez alors aucune valeur à ressasser le passé. Vous pouvez alors lâcher prise. Vous pouvez l'enterrer, tout comme vous enterrez quelqu'un qui est mort. Vous le mettez dans un cercueil, en terre, ou vous l'incinérez, et c'en est fini, terminé. Ne traînez pas sur le passé. Cessez de trimballer sur votre tête les cercueils de moments passés ! Si vous le faites, vous vous appesantissez de lourds fardeaux qui ne vous appartiennent pas vraiment. Laissez aller tout ce qui est passé et vous avez la possibilité d'être libre dans le moment présent.

Quant au futur, aux anticipations, aux peurs, aux projets et aux attentes - laissez aller tout ça aussi. Le Bouddha a dit une fois, au sujet du futur, « quoi que vous imaginiez, ce sera toujours différent » ! Ce futur est connu des sages comme incertain, inconnu et imprévisible. C'est souvent complètement stupide d'anticiper le futur, et c'est toujours une grande perte de temps de penser au futur dans la méditation.

Lorsque vous travaillez avec l'esprit, vous trouvez qu'il est si étrange. Il peut faire des choses merveilleuses et inattendues. Il est très commun que les gens qui vivent des temps difficiles dans la méditation, qui ne connaissent pas beaucoup de calme, soient assis à penser « Ça y est, encore une heure de frustration ». Bien qu'ils commencent par penser ainsi, à anticiper l'échec, quelque chose d'étrange se passe et ils entrent dans une méditation très calme.

J'ai récemment entendu parler d'un monsieur qui faisait sa première retraite de dix jours. Après le premier jour, il avait si mal dans tout le corps qu'il a demandé à rentrer chez lui. Le maître a dit « restez un jour de plus et la douleur disparaîtra, je vous le promets ». Il est donc resté un jour de plus, la douleur a empiré et il a à nouveau voulu rentrer. Le maître a répété « un seul jour cle plus et la douleur disparaîtra ». Il est resté un troisième jour et la douleur était encore pire. A chacun des neufs jours, le soir venu il allait voir le maître, tout endolori, pour demander de pouvoir rentrer chez lui et le maître répondait « juste un jour de plus et la douleur disparaîtra ». C'était de façon complètement inattendue que, le dernier jour, à la première assise du matin, la douleur a disparu ! Elle n'est pas revenue. Il pouvait passer de longues assises sans aucune douleur du tout ! Il était stupéfait : ce que cet esprit est merveilleux, et comme il peut produire des résultats aussi inattendus ! Donc, vous ne connaissez pas le futur. Il peut être si étrange, même bizarre, complètement au-delà de toute attente. Des expériences comme celle-ci vous donnent la sagesse et le courage d'abandonner toute pensée concernant le futur, et aussi toute attente.

Quand vous méditez et pensez « combien de minutes reste-t-il ? combien de temps encore dois-je endurer ceci? »ce n'est encore une fois que s'égarer dans le futur. La douleur pourrait disparaître à tout instant. Le prochain instant pourrait être l'instant de liberté. Vous ne pouvez tout simplement pas anticiper ce qui va arriver.

En retraite, quand vous méditez déjà depuis de nombreuses séances, vous pouvez parfois penser qu'aucune de ces séances n'a servi à quoi que ce soit. À la séance suivante, vous vous asseyez et tout devient très paisible et facile. Vous pensez « ouaah !J'arrive enfin méditer ! » et puis la méditation suivante est à nouveau horrible. Que se passe-t-il donc ici ?

Mon premier maître de méditation m'a dit quelque chose qui m'a paru, à l'époque, assez bizarre. Il a dit qu'une mauvaise méditation, ça n'existe pas ! Il avait raison. Toutes ces méditations que vous appelez mauvaises, frustrantes et qui ne sont pas à la hauteur de vos attentes, toutes ces méditations sont celles où vous travaillez dur pour votre « chèque de paie »...

C'est comme une personne qui va travailler toute la journée le lundi et ne reçoit pas un sou à la fin de la journée. « Pourquoi est-ce que je fais ça? » se demande-t-il. Il travaille toute la journée le mardi, et toujours rien. Encore une mauvaise journée. Toute la journée le mercredi, toute la journée le jeudi, et toujours rien après tout ce dur labeur. Voilà quatre mauvaises journées d'affilée. Et voilà qu'arrive le vendredi, il accompli exactement le même travail qu'avant et à la fin de la journée le patron lui donne un chèque de paie. « Ouaah ! Pourquoi chaque jour n'est-il pas jour de paie? »

Pourquoi chaque méditation ne serait-elle pas « jour de paie » ? Vous comprenez maintenant la comparaison? C'est au cours des méditations difficiles que vous accumulez les crédits, que vous produisez les causes du succès. En travaillant pour le calme pendant les méditations difficiles, vous augmentez votre puissance, l'inertie vers le calme. Puis, quand il y a suffisamment de crédits de bonnes qualités, l'esprit entre dans les états de félicité.

Au cours d'une retraite que j'ai donnée récemment à Sydney, pendant une période d'entrevues, une dame m'a dit qu'elle avait été en colère avec moi toute la journée, mais pour deux raisons différentes. Au cours de ses premières méditations, elle passait des moments difficiles et elle était en colère avec moi parce que je ne sonnais pas la cloche suffisamment tôt pour terminer la méditation. Au cours des méditations suivantes, elle est entrée dans un bel état de paix et elle était en colère avec moi pour avoir sonné la cloche trop tôt. Les sessions étaient toutes de la même durée, exactement une heure. Il n'y a simplement pas moyen de gagner comme maître en sonnant la cloche !

Voilà ce qui arrive lorsque vous anticipez le futur, et pensez « Combien de minutes encore jusqu'à ce que la cloche sonne? » C'est là que vous vous torturez, où vous épaulez un lourd fardeau qui n'est pas de vos affaires. Alors faites bien attention de ne pas soulever cette grosse valise de « combien de minutes reste-t-il ? » ou « qu'est-ce que je fais ensuite? » Si c'est là ce que vous pensez, alors vous n'êtes pas entrain de prêter attention à ce qui se passe maintenant. Vous n'êtes pas entrain de faire la méditation. Vous avez perdu le fil et vous cherchez des ennuis.

A cette étape de la méditation, maintenez simplement votre attention dans le moment présent, au point de ne même plus savoir quel jour on est ou l'heure qu'il est. Est-ce le matin ? l'après-midi ? Sais pas ! Tout ce que vous savez c'est quel moment on est juste là, maintenant ! De cette manière vous arrivez à cette belle échelle de temps monastique où vous êtes simplement entrain de méditer dans le moment présent, sans conscience du nombre de minutes qui se sont écoulées ou qui restent à venir, sans même vous souvenir du jour qu'on est.

Une fois, comme jeune moine en Thaïlande, j'avais même oublié quelle année c'était ! C'est merveilleux de vivre dans ce règne hors du temps, un règne tellement plus libre que le monde braqué sur l'horloge dans lequel nous vivons habituellement. Dans ce règne intemporel, vous vivez ce moment-ci, comme tous les êtres sages qui vivent ce même moment-ci depuis des milliers d'années. Ça a toujours été simplement ainsi, pas autrement. Vous êtes entré dans la réalité de maintenant.

La réalité de maintenant est magnifique et ébahissante. Quand vous avez abandonné tout passé et tout futur, c'est comme si vous étiez enfin vivant. Vous êtes ici, vous avez l'esprit présent. C'est la première étape de la méditation, rien d'autre que cette présence d'esprit maintenue dans le présent uniquement. Arrivé jusqu'ici, vous avez déjà accompli beaucoup. Vous avez lâché prise du premier fardeau qui empêche la méditation profonde. Investissez donc beaucoup d'efforts pour atteindre cette première étape jusqu'à ce qu'elle soit bien établie, solide et ferme. Ensuite nous allons raffiner la conscience du moment présent jusqu'à la prochaine étape : une conscience silencieuse du moment présent.


Le silence : source de sagesse et de clarté

 

Dans le premier volet de cet article tripartite, j'ai décrit le but de cette méditation, à savoir la beauté du silence, du calme et de la clarté d'esprit. Ces états conduisent à des révélations profondes. J'ai ensuite montré le thème sous-jacent qui sous-tend toute méditation comme un fil conducteur, qui est lâcher prise des fardeaux matériels et mentaux. Pour finir, dans cette première partie, j'ai longuement décrit la pratique qui mène à ce que j'appelle la première étape de cette méditation. Cette première étape est atteinte lorsque la personne qui médite demeure confortablement dans le moment présent pour de longues durées sans interruption. Comme je l'ai écrit plus haut, « la réalité de maintenant est magnifique et ébahissante... Arrivés jusqu'ici, vous avez déjà accompli beaucoup. Vous avez lâché prise du premier fardeau qui empêche la méditation profonde. » Pourtant, après avoir accompli tout ça, il faut aller plus loin, s'engager dans le silence de l'esprit, encore plus beau et plus vrai.

Il peut être utile ici de relever la différence qui existe entre la conscience silencieuse du moment présent et le fait d'y penser.

Il peut être instructif d'utiliser la comparaison avec un match de tennis qu'on regarde à la télévision. En regardant un tel match, vous pouvez remarquer qu'il y a en fait deux matches qui se jouent en simultané : il y a le match que vous voyez à l'écran, et celui que vous entendez, décrit par le commentateur. En effet, si un australien joue contre un français, le commentaire du présentateur australien a bien des chances d'être très différent de ce qui se passe en réalité! Un commentaire est souvent biaisé. Dans cette comparaison, regarder l'écran sans commentaire symbolise la conscience silencieuse dans la méditation, prêter attention au commentaire symbolise y penser. Il faut vous rendre compte que vous êtes bien plus proche de la vérité lorsque vous observez sans commentaire, lorsque vous vivez simplement la conscience silencieuse du moment présent.

C'est parfois par l'intermédiaire du commentaire intérieur que nous croyons connaître le monde. Dans les faits, ce commentaire intérieur ne connaît rien du tout ! C'est lui qui tisse les illusions qui sont la cause de la souffrance. C'est lui qui provoque la colère contre ceux dont nous faisons nos ennemis et l'attachement à ceux dont nous faisons nos êtres chers. Le discours intérieur provoque tous les problèmes de la vie. Il fabrique la peur et la culpabilité. Il crée l'angoisse et la dépression. Il construit ces illusions aussi sûrement qu'un commentateur habile peut manipuler une audience pour créer la colère ou les larmes. Donc si vous cherchez la vérité, il vous faut avoir de l'estime pour la conscience silencieuse, la considérer plus importante, lorsque vous méditez, que n'importe quelle pensée qui soit.

C'est la grande valeur que l'on accorde à nos propres pensées qui forme l'obstacle majeur à l'expérience de la conscience silencieuse. Soigneusement ôter l'importance que l'on accorde à nos pensées, puis réaliser la valeur et la véracité de la conscience silencieuse, voilà la révélation qui rend possible cette deuxième étape : la conscience silencieuse du moment présent.

Une belle façon de surmonter le commentaire intérieur c'est de développer une conscience du moment présent si raffinée, d'observer chaque moment de si près que vous n'avez simplement pas le temps de faire des commentaires sur ce qui vient d'arriver. Une pensée, c'est souvent une opinion sur ce qui vient d'arriver, par exemple « ça, c'était bien » « ça, c'était grossier » « c'était quoi, ça ? » Tous ces commentaires se font d'une expérience qui vient de passer. Lorsque vous faites une remarque, ou un commentaire sur une expérience qui vient de passer, vous n'êtes alors plus entrain de prêter attention à l'expérience qui vient d'arriver. Vous vous occupez de vieilles visites et vous négligez les nouvelles visites qui arrivent en ce moment-même !

Imaginez votre esprit comme l'hôte d'une réception, accueillant les invités quand ils passent le pas de la porte. Si, lorsqu'un invité arrive, vous l'accueillez et vous vous mettez à bavarder, vous n'êtes alors plus entrain de faire votre devoir, qui est d'accorder votre attention au nouvel invité qui arrive. A chaque instant, il y a un invité qui passe le pas de la porte. Par conséquent, tout ce que vous pouvez faire, c'est en accueillir un, puis tout de suite aller accueillir le suivant. Vous ne pouvez pas vous permettre d'engager la moindre conversation avec ces invités, puisque cela signifie que vous allez manquer le suivant qui se présente. Au cours de la méditation, toutes nos expériences passent le pas de la porte, ou passent par les sens, pour arriver dans l'esprit une par une, successivement. Si vous accueillez une expérience avec présence d'esprit et engagez la conversation avec votre invité, vous allez manquez la prochaine expérience qui suit juste derrière.

Quand vous êtes parfaitement dans le moment présent à chaque expérience, avec chaque invité qui arrive dans votre esprit, vous n'avez alors tout simplement pas la place pour ce discours intérieur. Vous ne pouvez pas vous mettre à bavarder avec vous-même parce que vous êtes complètement occupé à tout accueillir attentivement à mesure que ça se présente à votre esprit. Ça, c'est une conscience du moment présent raffinée au point de devenir une conscience silencieuse du présent à chaque instant.

Vous découvrez, en développant ce degré-là, de silence intérieur, que c'est comme se décharger d'un autre gros fardeau. C'est comme si vous aviez porté un gros sac à dos sur vos épaules pendant quarante ou cinquante ans et, pendant ce temps, vous aviez péniblement parcouru de nombreux, nombreux kilomètres. Maintenant vous avez eu le courage et trouvé la sagesse d'ôter ce sac à clos et de le poser au sol pour un moment. On se sent si immensément soulagé, si libre parce que, maintenant, on n'est plus chargé de ce gros sac à dos qu'est le discours intérieur.

Une autre manière utile de développer ce silence intérieur est de reconnaître l'espace entre les pensées, entre les périodes de discours intérieur. Si vous observez de près avec une présence d'esprit pointue, quand une pensée se termine et avant qu'une autre pensée ne commence : « là » ! C'est ça la conscience silencieuse ! Il se peut que ce ne soit que momentané au début, mais à mesure que vous reconnaissez ce silence fugace, vous vous y accoutumez, et à mesure que vous vous y accoutumez, le silence se met à durer plus longtemps. Vous commencez à apprécier ce silence, une fois que vous l'avez finalement trouvé, et c'est pour ça qu'il grandit. Mais souvenez-vous, le silence est timide. Si le silence vous entend parler de lui, il s'évanouit immédiatement !

Ce serait merveilleux si chacun d'entre nous pouvait abandonner le discours intérieur et demeurer dans la conscience silencieuse du moment présent suffisamment longtemps pour se rendre compte du délice que c'est. Le silence produit tellement plus de sagesse et de clarté que la pensée. Quand vous réalisez combien il est appréciable et valeureux de rester silencieux intérieurement, alors le silence vous attire d'avantage et devient plus important pour vous. Le silence intérieur devient ce vers quoi tend l'esprit. L'esprit recherche ce silence constamment, au point de ne penser que s'il le doit vraiment, seulement s'il y a une raison de le faire. Puisqu'à ce niveau vous vous êtes rendu compte que la plupart de vos pensées sont de toute façon sans but, qu'elles ne vous mènent nulle part, ne font que vous donner des maux de tête, vous passez joyeusement et facilement plus de temps dans le silence intérieur.

La deuxième étape de cette méditation est donc la conscience silencieuse du moment présent. Vous risquez bien de passer le plus clair de votre temps à développer ces deux seules étapes, parce que si vous arrivez jusqu'ici, vous aurez alors déjà parcouru une longue route dans votre pratique de la méditation. Dans cette conscience silencieuse du « simplement maintenant », vous goûterez à bien de la paix, de la joie et par conséquent de la sagesse.

 

Si vous voulez aller plus loin, alors plutôt que d'être silencieusement conscient de tout ce qui vient à l'esprit, vous choisissez la conscience silencieuse dans le moment présent d'une chose unique. Cette chose peut être l'expérience de la respiration, une pensée de bienveillance (metta), un disque coloré visualisé dans l'esprit (ka-sina) ou quelques autres points de focalisation de l'attention qui sont moins communs. Ici nous allons décrire la conscience silencieuse dans le moment présent de la respiration.


Le choix de fixer son attention sur une seule chose, c'est lâcher prise de la diversité et c'est le mouvement vers son contraire, l'unité. A mesure que l'esprit s'unifie, en maintenant l'attention tout simplement sur une seule chose, l'expérience de la paix, de la félicité et de la puissance augmente sensiblement. Vous découvrez ici que la diversité de la conscience c'est comme avoir six téléphones sur un bureau qui sonnent tous en même temps : c'est le bagne, et lâcher prise de cette diversité, c'est ne permettre qu'une seule ligne, privée de surcroît : quel soulagement ! Ça engendre de la félicité. Comprendre que la diversité est un fardeau est crucial pour être capable de se poser sur la respiration.

Si vous avez soigneusement développé une conscience silencieuse du moment présent pendant de longues durées, vous trouverez alors assez facile de tourner cette attention vers la respiration et de la suivre à chaque instant, sans interruption. C'est ainsi parce que les deux obstacles majeurs à la méditation sur la respiration ont déjà été levés. Le premier de ces deux obstacles est la tendance de l'esprit à aller dans le passé ou le futur. Le deuxième obstacle est le discours intérieur. Voilà pourquoi j'enseigne les deux étapes préliminaires que sont la conscience du moment présent et la conscience silencieuse du moment présent comme formant une préparation solide pour aller plus profond dans la méditation sur la respiration.

Il arrive souvent que les gens se mettent à méditer alors que leur esprit saute encore du passé au futur, et que l'attention est noyée de commentaires intérieurs. Sans préparation, ils trouvent la méditation sur la respiration très difficile, même impossible et abandonnent par frustration. Ils abandonnent parce qu'ils n'ont pas commencé au bon endroit. Ils n'ont pas accompli assez de travail préparatoire avant de prendre la respiration comme point de focalisation de l'attention. Toutefois, si l'esprit a été bien préparé, en complétant ces deux premières étapes, vous trouverez que vous êtes aisément capable de maintenir votre attention sur la respiration. Si par contre vous trouvez ça difficile, c'est un signe que vous vous êtes précipité dans les deux premières étapes. Retournez aux exercices préliminaires ! La patience exercée avec soin est la voie la plus rapide.

Lorsque vous vous focalisez sur la respiration, focalisez sur l'expérience présente de la respiration. L'expérience vous raconte ce que fait la respiration, si elle rentre, sort, ou se trouve entre deux. Certains maîtres disent d'observer la respiration au bout du nez, d'autres disent de l'observer au niveau de l'abdomen et d'autres encore disent de la déplacer ici, puis là. Pour ma part, j'ai trouvé que ça n'a aucune d'importance. En fait, c'est mieux de ne pas la localiser où que ce soit ! Si vous placez la respiration au bout du nez ça devient la conscience du nez, et non plus la conscience de la respiration, et si vous la placez au niveau de l'abdomen ça devient la conscience de l'abdomen. Posez-vous simplement la question " maintenant, suis-je entrain d'inspirer ou d'expirer? " Comment le savez-vous ? Là ! Cette expérience-là qui vous dit ce que fait la respiration, voilà ce sur quoi il faut se focaliser pendant cette méditation sur la respiration. Laissez tomber la préoccupation de savoir où se situe cette expérience ; focalisez-vous simplement sur l'expérience elle-même.

(Note 1 en fin de texte)

Un des obstacles fréquents à ce stade, c'est la tendance à contrôler la respiration, et ça rend la respiration inconfortable. Pour surmonter cet obstacle, imaginez vous comme passager d'une voiture, qui regarde sa respiration par la fenêtre. Vous n'êtes pas le conducteur et n'avez pas de télécommande, alors cessez de donner des ordres, lâchez prise et appréciez la balade. Laissez respirer la respiration, et ne faites que regarder, sans intervenir.

Quand vous savez que la respiration rentre, ou qu'elle sort, pour, disons, une centaine de cycles respiratoires consécutifs, sans en manquer un, vous avez alors atteint ce que j'appelle la troisième étape de cette méditation, l'attention maintenue sur la respiration. C'est encore plus paisible et plus joyeux que l'étape précédente. Pour aller plus profondément, il vous faut maintenant viser la pleine attention maintenue sur la respiration.


Cette quatrième étape, ou la pleine attention maintenue sur le moment présent, survient lorsque l'attention s'étend pour intégrer absolument chaque instant de la respiration. Connaissez l'inspiration dès son tout premier instant, lorsque apparaît sa première sensation. Puis observez le développement progressif de ces sensations pendant toute la durée de l'inspiration, sans en manquer ne serait-ce qu'un seul instant. Lorsqu'elle se termine, connaissez-la à cet instant-là, suivez-la dans votre esprit jusqu'à son dernier mouvement. L'instant suivant est comme une pause entre deux mouvements respiratoires, avec de nombreuses autres pauses, jusqu'à ce que débute l'expiration. Voyez ensuite le premier instant de l'expiration, puis chacune des sensations subséquentes à mesure qu'elle évolue, jusqu'à ce qu'elle disparaisse, une fois sa fonction complétée. Tout ceci se fait en silence et juste ici, dans le moment présent.

Vous ressentez donc chaque partie de chaque inspiration et chaque expiration, de façon continue, pendant des centaines de cycles respiratoires consécutifs. Voilà pourquoi on appelle cette étape « la pleine attention maintenue sur la -respiration ». Vous ne pouvez atteindre ce degré de tranquillité qu'en lâchant prise d'absolument tout dans l'univers entier, à l'exception de cette expérience instantanée de la respiration qui a lieu en silence, maintenant. Ce n'est pas « vous qui atteignez cette étape ; c'est l'esprit qui l'atteint. L'esprit fait le travail de lui-même. L'esprit reconnaît cette étape comme une demeure très paisible et agréable, de juste être seul avec la respiration. C'est là que le « faiseur, » la partie majeure de notre ego, commence à s'effacer.

Vous trouverez la progression facile à cette étape de la méditation. Vous n'avez qu'à vous ôter du chemin, lâcher prise, et regarder tout ça se faire. L'esprit sera naturellement enclin, si vous lui en donnez l'occasion, à cette union toute simple, paisible et délicieuse avec une seule chose, d'être simplement uni à la respiration, à chaque instant. Ça, c'est l'unité d'esprit, l'unité dans l'instant, l'unité dans la tranquillité.

La quatrième étape est ce que j'appelle le « plongeoir » de la méditation, parce d'ici on peut plonger dans les états de félicité. Si vous ne faites que maintenir cet état d'unité de conscience, sans intervenir, la respiration va se mettre à disparaître. La respiration semble disparaître à mesure que l'esprit se focalise sur ce qui se trouve au centre de cette expérience de la respiration, à savoir une paix, une liberté et une félicité impressionnantes.

A cette étape, j'utilise le terme de « belle respiration ». L'esprit reconnaît que cette respiration paisible est extraorclinairement belle. Vous en êtes constamment conscient, instant après instant, sans interruption du fil de l'expérience. Vous n'êtes conscients que de cette belle respiration, sans effort, et pendant une longue durée.

À présent, laissez disparaître la respiration et, tout ce qu'il vous reste, c'est le « beau ». La beauté désincarnée devient l'unique objet de l'esprit. L'esprit est en train de trouver son propre objet. À présent, vous n'êtes plus du tout conscient de la respiration, du corps, des pensées, des sons ou du monde extérieur. Tout ce dont vous êtes conscient, c'est la beauté, la paix, la félicité, la lumière, ou peu importe le nom qui lui sera trouvé plus tard. Vous ne percevez que la beauté en continu et sans aucun effort, sans qu'il n'y ait quoi que ce soit qui soit beau. Ça fait déjà longtemps que vous avez laissé tombé tout bavardage, les descriptions et les évaluations. Ici, l'esprit est si tranquille que vous êtes incapable de dire quoi que ce soit. Vous êtes simplement en train de goûter à la première floraison de félicité clans l'esprit. Cette félicité va se développer, grandir, devenir très stable et solide. C'est ainsi que l'on entre dans ces états de méditation nommés les jhânas. Mais ça, c'est pour la troisième partie de cet enseignement !

 

Ne rien faire

 

Ne faites absolument rien et voyez comme la respiration peut paraître fluide, belle et intemporelle.

Les parties 1 et 2 décrivent ce que nous appelons ici les quatre premières étapes de la méditation. Ce sont :

1. la conscience de l'instant présent

2. la conscience silencieuse de l'instant présent

3. la conscience silencieuse de la respiration dans l'instant présent.

4. la pleine attention maintenue sur la respiration

 

Chacune de ces étapes doit être bien développée avant de pouvoir passer à l'étape suivante. Si l'on précipite ces « étapes de lâcher prise, » les étapes suivantes demeureront inaccessibles. C'est comme construire un grand immeuble sur des fondations inadéquates. Le rez-de-chaussée est vite construit, le premier et deuxième étage aussi. Toutefois, en ajoutant le troisième étage, la structure commence à vaciller. Puis, en essayant d'en ajouter un quatrième, le tout s'écroule. Alors je vous en prie, passez beaucoup de temps sur ces quatre étapes initiales, rendez-les fermes et stables, avant de procéder à la cinquième étape. Vous devez être capable de maintenir la quatrième étape, « la pleine attention maintenue sur la respiration », conscient de chaque instant de la respiration sans aucune interruption, pendant facilement deux ou trois cent cycles respiratoires successifs. Je ne dis pas qu'il faut compter les cycles pendant cette étape, mais je vous donne une indication de la durée qu'il faut passer sur cette quatrième étape avant de poursuivre. Dans la méditation, la patience est la voie la plus rapide !

 

La cinquième étape s'appelle « la pleine attention maintenue sur la belle respiration ». Souvent, cette étape suit naturellement la précédente, de façon fluide. Tandis que la pleine attention demeure sur l'expérience de la respiration avec facilité et constance, sans que rien n'interrompe le flux uniforme de la conscience, la respiration se calme. Elle passe de grossière et ordinaire à une « belle respiration » très fluide et paisible. L'esprit reconnaît cette belle respiration et s'en délecte. Il perçoit un approfondissement du sentiment de contentement. Il est heureux de juste être là, à regarder cette belle respiration. Il n'y a pas besoin de forcer. Il reste avec la belle respiration de lui-même. « Vous » ne faites rien du tout. Si vous tentez de faire quoi que ce soit au cours de cette étape, vous dérangez le processus et la beauté est perdue. C'est comme quand on atterri sur la case avec la tête du serpent, dans le jeu de société des serpents et des échelles : vous devez reculez de nombreuses de cases. Le « faiseur » doit disparaître dans cette étape de la méditation, ne laissant que le « connaisseur »qui observe passivement.

Un truc utile pour accéder à cette étape est d'interrompre le silence intérieur juste une fois et de penser doucement : « Calme ». C'est tout. A cette étape de la méditation, l'esprit est d'habitude si sensible qu'un simple petit coup de pouce comme ça suffit, et l'esprit suit l'instruction. La respiration se calme et la belle respiration émerge.

Lorsque vous ne faites qu'observer passivement la belle respiration dans l'instant présent, les perceptions d'inspiration, d'expiration, de début, milieu ou fin d'un cycle respiratoire doivent toutes pouvoir disparaître. La seule chose qui est connue est l'expérience de la belle respiration qui a lieu maintenant. L'esprit ne se soucie plus de savoir si c'est cette partie-ci du cycle respiratoire ou une autre, ni dans quelle partie du corps elle a lieu. Ici nous simplifions l'objet de méditation. C'est l'expérience de la respiration dans l'instant présent. On laisse tomber tous les détails qui ne sont pas nécessaires, on va au-delà de la dualité de « dedans » et « dehors », et on n'est conscient que de la belle respiration qui apparaît fluide et continue, à peine changeante.

Ne faites absolument rien et voyez comme la respiration peut paraître fluide, belle et intemporelle. Voyez jusqu'où vous pouvez laisser aller le calme. Prenez le temps de savourer la douceur de la belle respiration, toujours plus calme, toujours plus belle.

 

Ce qui se passe ensuite, c'est que la respiration va disparaître, non pas lorsque « vous » le voudrez mais lorsqu'il y aura suffisamment de calme, ne laissant que le « beau ». Il y a une métaphore dans la littérature anglaise qui illustre cela. Dans « Alice au Pays des Merveilles» de Lewis Carroll, Alice et la Reine Blanche aperçoivent dans le ciel un chat du Cheshire, souriant. Tandis qu'elles regardent, la queue du chat disparait, puis les pattes, ainsi que reste des jambes. Peu après, son buste disparait aussi, ne laissant que la tête, toujours souriante. Puis la tête elle-même disparait progressivement, en commençant par les oreilles et les moustaches, suivis de la tête entière, à l'exception du sourire qui reste là, suspendu dans le ciel ! C'est un sourire sans lèvres pour le produire, mais néanmoins un sourire, visible. Voilà une métaphore très précise pour décrire le processus de lâcher prise qui se fait à cette étape de la méditation. Le chat au visage souriant, c'est la belle respiration. Le chat qui disparaît, c'est la respiration qui disparaît et le sourire désincarné, encore visible dans le ciel, c'est l'objet mental pur de « beauté », clairement visible dans l'esprit.

 

Cet objet mental pur s'appelle une nimitta. « Nimitta » signifie un signe, ici un signe mental. C'est un véritable objet dans le paysage de l'esprit (citta) et, lorsqu'il apparaît pour la première fois, c'est extrêmement étrange. On n'a tout simplement jamais rien vécu de tel auparavant. Néanmoins, l'activité mentale qu'on appelle « perception » recherche dans sa banque de données d'expériences vécues quelque chose de semblable, même si ce n'est qu'un peu, pour fournir à l'esprit une description de ce phénomène jusqu'ici inconnu. Pour la plupart des gens qui méditent, cette « beauté désincarnée », cette joie mentale est perçue comme une belle lumière. Ce n'est pas une lumière. Les yeux sont fermés et la conscience visuelle est éteinte depuis longtemps. C'est la conscience de l'esprit libérée pour la première fois du monde des cinq sens. C'est comme la pleine lune, comparée ici à l'esprit radieux, qui se dégage des nuages, ces derniers étant comparés ici au monde des cinq sens. C'est l'esprit qui se manifeste, et non une lumière, mais pour beaucoup, ça apparaît comme une lumière, c'est perçu comme une lumière, parce que cette description imparfaite est la meilleure que la faculté de perception ait à offrir.

 

Pour d'autres gens, cette faculté de perception choisit de décrire cette première manifestation de l'esprit selon des sensations physiques telles qu'une tranquillité ou une extase intenses. Encore une fois, la conscience physique (celle qui ressent l'expérience de plaisir et de douleur, de chaud et de froid, etc) est éteinte depuis longtemps, et ceci n'est pas une sensation physique. Ce n'est que « perçu » comme étant semblable au plaisir. Certains voient une lumière blanche, d'autres une étoile dorée, d'autres une perle bleue... Il est important de savoir que ce sont toutes des descriptions du même phénomène. Ces gens goûtent tous au même objet mental pur et les détails différents sont rajoutés par leurs différentes faculté de perception.

 

Vous pouvez reconnaître une nimitta d'après les 6 critères suivants :

 

elle n'apparaît qu'après le cinquième stade de la méditation, après que la personne méditant soit restée longtemps sur la belle respiration ;

elle apparaît lorsque la respiration disparaît ;

elle n'apparaît que lorsque les cinq sens externes de la vue, l'ouïe, l'odorat, le goût et le toucher sont complètement absents ;

elle ne se manifeste que dans l'esprit silencieux, lorsque les pensées descriptives (le discours intérieur) sont totalement absentes ;

elle est étrange mais fortement attirante;

c'est un objet magnifiquement simple.

 

Je vous fais part de ces caractéristiques pour que vous puissiez faire la différence entre les vraies nimitta et celles qui viennent de l'imagination.

 

Cette sixième étape se nomme « l'expérience de la belle nimitta ». Elle est atteinte lorsqu'on lâche prise du corps, de la pensée et des cinq sens (y compris la conscience de la respiration) à un tel point qu'il ne reste que la belle nimitta.

Parfois, lorsqu'elle commence à apparaître, la nimitta peut paraître « manquer d'éclat ». Il faut alors retourner immédiatement à l'étape précédente de la méditation, la conscience silencieuse maintenue sur la belle respiration. On a passé à la nimitta trop tôt. Des fois la nimitta est vive, mais instable, clignotant comme la lumière d'un phare. Encore une fois, ceci indique que vous avez quitté la belle respiration trop tôt. On doit être capable de maintenir facilement son attention sur la belle respiration pendant longtemps avant que l'esprit ne soit capable de maintenir une attention claire sur la nimitta, bien plus subtile. Entraînez donc l'esprit sur la belle respiration, entraînez-le avec patience et diligence, puis, quand il est temps de passer à la belle nimitta, elle sera vive, stable et facile à maintenir.

La raison principale pour laquelle la nimitta peut paraître manquer d'éclat, c'est que la profondeur du contentement est insuffisante. Vous êtes encore à « vouloir »quelque chose. D'habitude, vous avez envie d'une nimitta vive ou d'une jhâna. Souvenez-vous, et c'est important, les jhânas sont des états de lâcher prise, des états de contentement incroyablement profonds. Alors débarrassez-vous de l'esprit affamé, développez le contentement avec la belle respiration et la nimitta et les jhânas viendront d'elles-mêmes.

La principale raison d'instabilité d'une nimitta, c'est que le « faiseur » ne veut tout simplement pas arrêter de s'en mêler. Le « faiseur », c'est celui qui contrôle, celui qui veut piloter depuis le siège arrière, qui se mêle constamment de ce qui ne le regarde pas et gâche tout. Cette méditation est un processus naturel qui mène au repos et il requiert, que « vous » dégagiez de là complètement.

Un truc utile pour parvenir à un lâcher prise aussi profond est d'offrir délibérément, votre confiance à la nimitta. Interrompez le silence juste une seule fois, très très délicatement, et chuchotez, comme dans votre esprit, que vous donnez votre pleine confiance à la nimitta, pour que le « faiseur » puisse abandonner tout contrôle et. tout simplement disparaître. L'esprit, représenté devant vous par la nimitta, prendra alors en main le processus et vous n'avez qu'à observer le déroulement de l'affaire.

Ici, vous n'avez rien besoin de faire, parce que la beauté intense de la nimitta est plus que capable de retenir l'attention sans votre aide. Prenez garde, ici, de ne pas vous mettre à évaluer. Des questions telles que « qu'est-ce que c'est, que ça? », « est-ce que c'est une jhâna ? », « que clois-je faire ensuite? », et ainsi de suite sont toutes l'œuvre du « faiseur » qui essaie à nouveau de prendre les choses en main. Ceci dérange le processus. Vous pouvez tout évaluer une fois le voyage terminé. Un bon scientifique n'évalue une expérience qu'à la fin, après avoir collecté toutes les données. Alors pour l'instant, n'essayez pas d'évaluer ou de tout saisir. Il n'y a aucun besoin de prêter attention au contours de la nimitta : « est-elle ronde ou ovale ? », « les bords sont-ils clairs ou flous ? ».

Tout ceci n'est pas nécessaire et ne mène qu'à d'avantage de diversité, de dualité entre « dedans » et « dehors, » à d'avantage de dérangements.

Laissez l'esprit aller vers ce qui l'attire, généralement le centre de la nimitta. C'est au centre que se trouve la partie la plus belle, où la lumière est la plus brillante et la plus pure. Lâchez prise et appréciez le voyage à mesure que l'attention est attirée au centre et y plonge, à mesure que la lumière s'étend tout autour et vous enveloppe complètement. C'est en fait une et une seule expérience perçue depuis différents points de vue. Laissez l'esprit se fondre dans la béatitude. Laissez surgir la septième étape de cette voie de méditation, la première jhàna.

 

Deux obstacles sont communs au seuil de la première jhâna : l'excitation ou la peur. L'excitation, c'est s'agiter. Au moment où l'esprit pense « Ouaah, la voilà ! », il est alors très peu probable que la jhâna se montre. Cette réaction « ouaah ! » doit être subjuguée en faveur d'une passivité absolue. Vous pouvez garder toutes les exclamations pour plus tard, quand vous émergerez de la jhàna, à un moment où elles seront plus appropriées. L'obstacle toutefois le plus probable, c'est la peur. La peur apparaît dès que sont reconnues la puissance et la béatitude absolues de la jhàna, ou quand on reconnaît que, pour complètement pénétrer dans la jhâna, il faut abandonner quelque chose : vous ! Le « faiseur » est silencieux avant la jhâna, mais toujours présent. Dans la jhàna, par contre, il disparaît complètement. Le « connaisseur » fonctionne toujours, vous êtes pleinement conscient, mais toutes les commandes sont maintenant hors de portée. Vous ne pouvez même pas formuler une seule pensée, sans parler de prendre une décision. La volonté est gelée et ceci peut paraître effrayant pour le débutant. Ça ne vous était encore jamais arrivé auparavant dans votre vie d'être aussi dénué de tout contrôle, et pourtant aussi complètement éveillé. Cette peur, c'est la peur de céder quelque chose d'aussi essentiellement personnel que la volonté de faire.

Cette peur peut être surmontée par la confiance dans les enseignements du Bouddha ainsi que dans la séduisante béatitude que l'on peut apercevoir un peu plus loin comme récompense. Le Bouddha a souvent dit « qu'il ne faut pas s'effrayer de cette béatitude qu'il y a dans la jhàna, mais la suivre, la développer et la pratiquer souvent » (Latukikopama Sutta, Majjhima Nikâya). Alors juste avant que n'apparaisse la peur, offrez votre pleine confiance à cette béatitude et maintenez votre foi dans les enseignements du Bouddha et l'exemple des nobles disciples. Faites confiance au Dhamma et laissez la jhàna vous embrasser chaleureusement pour une expérience sans effort, en-dehors du corps et de l'ego, béatifiante et qui sera la plus profonde de votre vie. Ayez le courage de complètement abandonner le contrôle pour un moment et de vivre tout ceci par vous-même.

Si c'est une jhàna, elle va durer longtemps. Ça ne mérite pas de s'appeler une jhàna si ça ne dure que quelques minutes. Habituellement les jhànas supérieures persistent pendant plusieurs heures. Une fois entré dedans, on n'a plus la possibilité de choisir. Vous ne sortirez de la jhàna qu'une fois que l'esprit est prêt à en sortir, lorsque les « crédits » d'abandon accumulés auparavant sont complètement dépensés. Ce sont des états de conscience si tranquilles et satisfaisants que leur nature même est de persister pendant très longtemps. Une autre caractéristique de la jhàna est qu'elle n'arrive qu'après qu'on ait discerné la nimitta telle que décrite plus haut. En outre, il vous faut savoir que lorsque vous êtes immergé dans n'importe laquelle des jhànas, il est impossible de ressentir le corps (p.ex. la douleur physique), d'entendre un son de l'extérieur ou de produire une seule pensée, pas même une « bonne » pensée. Il n'y a qu'une unicité de perception, claire, une expérience de béatitude non duelle qui se poursuit sans modification pendant très longtemps. Ce n'est pas une transe, mais un état de conscience élevé. Ceci est dit pour que vous puissiez savoir par vous-même si ce que vous prenez pour une jhàna est réel ou imaginaire.

 

La méditation, c'est encore beaucoup plus que ceci, mais ici n'est décrite que la méthode fondamentale de développement, en utilisant sept étapes qui culminent avec la première jhâna. On pourrait en dire bien plus sur les « cinq obstacles » et comment les surmonter, sur le sens de la présence d'esprit et comment elle est employée, sur les quatre fondements de la présence d'esprit (satipatthâna), les quatre voie du succès (iddhipàda), les cinq facultés (indriya) ainsi qu'évidemment sur les jhânas supérieures. Tout ceci concerne aussi cette pratique de la méditation, mais nous devons le garder pour une autre occasion.

 

Pour ceux qui pourraient méprendre tout ceci pour « rien que de la pratique de samatha sans considération pour celle de vipassana », sachez que ce n'est ni vipassana ni samatha.Ça s'appelle « bhàvana », la méthode enseignée par le Bouddha et reprise dans la tradition de forêt du nord-est de la Thaïlande, de laquelle mon maître, le vénérable Ajahn Chah, faisait partie. Ajahn Chah disait souvent que samatha et vipassana ne peuvent être séparées, et que cette paire ne peut pas non plus se développer séparément de la vue juste, la pensée juste, la conduite morale juste et ainsi de suite...

En effet, pour progresser dans les sept étapes décrites plus haut, la personne qui médite a besoin d'une compréhension et une acceptation des enseignements du Bouddha, et ses préceptes doivent être purs. Une révélation sera nécessaire pour atteindre chacune de ces étapes, c'est-à-dire une révélation de la signification du « lâcher prise ». Plus on développe ces étapes, plus les révélations seront profondes, et si vous allez jusqu'à la jhàna, votre compréhension toute entière en sera bouleversée. En fait, la révélation danse autour de la jhàna, et la jhàna autour de la révélation. C'est la voie vers le nibbâna. Le Bouddha a dit « pour celui qui s'adonne à la jhana, quatre résultats sont à attendre : la réalisation du sotàpanna (la personne qui est entrée dans la voie), du sakadâgàmi (celui à qui il ne reste qu'un seul retour unique), de anagami (celui qui a atteint la réalisation de non-retour) ou de l'arahant (celui qui a atteint le but ultime) »; (Pasàdika Sutta, Digha Nikàya).

 

 

Note 1:A propos de la focalisation sur le centre de l'abdomen :

On se concentre sur le dantien abdominal dans des méditations actives, où on recherche à ressentir et diriger le Qi. Par exemple celle de l'Orbite Microcosmique.

Ou bien pour renforcer des formes d'énergie différentes : concentration au Troisième œil pour renforcer l'esprit, au centre de la poitrine pour renforcer la bienveillance, la compassion, sur le dantien abdominal pour renforcer la vitalité.

Mais ce n'est pas le même objectif dans la méditation qui est présentée ici.

 

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Annexes

 

La citta

La citta, c'est la nature essentiellement « connaissante » de l'esprit, la qualité fondamentale de connaissance qui sous-tend toute existence d'être. Associée à un corps physique, elle est nommée « esprit » ou « cœur ». Quand elle est souillée par l'influence de l'ignorance fondamentale (avijja), les flux d'énergie mentale s'échappent pour se manifester en tant que sensations (vedana), mémoire (sanna), pensées (sankhàra), et conscience (vinaana), jetant ainsi la citta dans une toile d'auto-falsification. Elle est trompée sur sa propre vraie nature. La véritable nature de la citta, c'est de « connaître » tout simplement. Il n'y a pas de sujet, ni d'objet, aucune dualité ; elle ne fait que connaître. La citta n'est pas quelque chose qui apparaît ou qui disparaît ; elle n'est jamais née, et ne meurt jamais.

Normalement, la « nature connaissante » de la citta est intemporelle, illimitée et radieuse, mais cette véritable nature est obscurcie par les souillures (kilesas) qui se cachent en son sein. Sous le pouvoir de l'ignorance fondamentale, le point focal d'un « connaisseur » est créé, à partir duquel cette nature connaissante perçoit le monde extérieur. L'établissement de ce faux centre crée un « soi » à partir duquel la conscience s'écoule pour percevoir la dualité du « connaisseur » et du « connu ». C'est ainsi que la citta se retrouve empêtrée et mêlée à des choses qui naissent, tombent malades, vieillissent et meurent, et par conséquent impliquée dans une masse entière de souffrance.

On traduit souvent citta par « cœur » ; ce sont des symonymes. Le cœur constitue le noyau du corps. C'est le centre, la substance, l'essence première du corps. C'est la base fondamentale. Les conditions qui prennent naissance dans la citta prennent naissance dans le cœur. Le bien, le mal, le bonheur et la souffrance s'y retrouvent tous.

La méditation, samàdhi, fournit une confirmation de la signification du cœur. Lorsque tous les flux d'énergie mentale qui s'échappent d'habitude de la citta vers le monde des sens sont rassemblés en un seul point, l'état calme et tranquille de samàdhi apparaît. Pour les gens qui méditent, cette expérience est centrée sur la poitrine. La tranquillité, l'éclat et la conscience de cette expérience paraissent émaner principalement de la région du cœur. La nature connaissante de la citta y est très prononcée. Le véritable siège de la conscience se trouve donc dans le cœur ; et il est par conséquent sage d'éviter de penser que « l'esprit » est essentiellement cérébral et localisé dans la tête.

Il existe une croyance bien établie que la conscience est purement le résultat d'interactions complexes dans le cerveau humain et que, lorsque le cerveau meurt, la conscience cesse. Cette vision mécanique est une méprise complète. Il existe bien la preuve que certaines parties du cerveau sont impliquées dans certaines fonctions mentales. Cela ne veut pas dire que c'est le cerveau qui produit la conscience. Dans son essence, le cerveau est un organe complexe de traitement de données. Il reçoit et traite comme données des impulsions afférentes qui informent sur les sensations, la mémoire, les pensées et la conscience, mais ce n'est pas lui qui génère ces fonctions mentales. Ça, c'est entièrement du domaine de la citta.

 

 

Samādhi

Samàdhi, c'est le calme et la concentration méditatifs. C'est une expérience faite en utilisant une variété de techniques méditatives conçues pour calmer les turbulences émotionnelles de l'esprit ainsi que ses tendances à la distraction. Il s'agit de le fixer fermement sur un seul objet d'attention, et de l'y maintenir jusqu'à ce qu'il finisse par être entièrement absorbé par cette préoccupation unique, à l'excusion de toute autre chose, et qu'il soit ainsi complètement intégré à un état de conscience simple et unifié. Par la concentration de l'attention sur un seul objet unique, les pensées distraites et les flux d'énergie mentale qui s'échappent normalement dans l'environnement sensoriel se trouvent progressivement ramenés sur un seul point de focalisation, un état tranquille, calme et concentré que l'on nomme samàdhi. Ceci ne signifie pas que l'esprit lutte pour se concentrer sur un point (un point de focalisation externe), mais plutôt que l'esprit « converge »(1)naturellement, de son propre accord, en un état de conscience unifié, en suivant consciencieusement et attentivement la méthode. Le résultat est un sentiment d'être, pur et harmonieux, qui est si merveilleux qu'il en est indescriptible. En ressortant de samadhi, cette focalisation mentale calme et concentrée sert de base pour l'utilisation de techniques investigatives destinées à développer la sagesse et à obtenir des révélations sur la véritable nature de tout phénomène.

 

Samadhi comprend de nombreux niveaux et classifications.

• Dans le samàdhi momentané (kanika), la citta « converge » en un état tranquille et calme pour un moment seulement avant d'en ressortir d'elle-même. C'est l'étape initiale de samàdhi,

Dans le samàdhi d'accès (upacàra), la citta « converge » en un état de calme et de tranquillité prolongés. C'est également un état de conscience plus élevé des phénomènes internes et externes à mesure qu'ils entrent en contact avec les bases sensorielles internes et externes. À ce niveau d'accès, les processus de pensées habituels (le dialogue intérieur) sont temporairement interrompus, alors que les pouvoirs de perception sont accrus. C'est l'étape intermédiaire de samàdhi.

Dans le samàdhi de pleine absorption (appana), la citta « converge » complètement sur la base de samàdhi, A ce moment, les perceptions du corps et de l'esprit disparaissent complètement de la conscience, ne laissant que la nature « connaissante »de la citta, seule et par elle-même. Claire, éclatante et expansive, la citta ne fait rien d'autre que « connaître ». Il n'y a aucun objet, aucune dualité, rien que la « connaissance ». C'est l'étape avancée de samàdhi,

 

 

(1) L'esprit « converge » :Lorsque tous les flux d'énergie qui s'échappent d'habitude de la citta vers le monde des sens sont rassemblés en un seul point, on appelle cela « converger ». La pratique de samàdhi est une méthode pour concentrer tous ces flux divers en un seul point focal, ce qui centre du même coup la citta dans un état de calme et de tranquillité complets

 

 

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Glossaire bouddhiste

 

Ajahn Maître.

Anagàmi Celui qui ne revient pas. Terme technique pour parler d'une personne qui a atteint la troisième des quatre réalisations, ou voies au nibbâna. Un anâgami est une personne qui a abandonné les cinq entraves inférieures qui enchaînent l'esprit au cycle de naissances renouvelées et qui réapparaîtra, après la mort, dans un des mondes nommés les demeures pures, les demeures des brahmas, pour finalement atteindre le nibbâna et ainsi ne plus jamais revenir dans ce monde-ci.

Anjali Respect ; position des mains jointes devant la pointrine en signe de respect.

Arahant Un être complètement éveillé, ou pur. Une personne qui, en suivant la voie du Bouddha vers la liberté, a complètement éradiqué les souillures mentales (kilesas) et a, par conséquent, la certitude que toute trace d'ignorance ou d'illusion a été définitivement effacée et n'apparaîtra plus jamais dans son cœur dans le futur. Puisqu'il s'est complètement libéré des entraves qui l'enchaînaient autrefois au cycle des naissances et des morts revouvelées, il n'est plus destiné à reprendre naissance. Ainsi, l'arahant est l'individu qui a atteint le nibbâna ; et bien que les composantes physiques et mentales de la personalité (khandhas) demeurent intactes jusqu'à sa mort, sa citta - libre de tout élément souillant quel qu'il soit - est complètement pure. A la mort, le corps et l'esprit se désintègrent, ne laissant que la nature inconditionnée, absolument pure de la citta - qui est complètement au-delà de n'importe quelle description conventionnelle.

Asubha Moche, désagréable, dégoûtant, répugnant ; le contraire de ce qui est habituellement désirable ; pratique qui consiste à intentionnellement observer l'aspect repoussant du corps pour contrecarrer et déraciner l'idée qu'il est beau, et l'attachement qui en découle.

Bhavana Développement par le biais de la méditation.

Bhikkhu Moine bouddhiste ; membre masculin de la Sangha bouddhiste qui mène une vie errante et a été reçu dans les ordres supérieurs. Dans les pays théravadins d'aujourd'hui, les bhikkhus constituent le noyau de la communauté bouddhiste. Vivant entièrement de nourriture ainsi que d'autres nécessités de base offertes, leur mode de vie monastique repose sur les principes de pauvreté, de célibat, de vertu et de méditation.

BojjhangaFacteurs d'éveil, au nombre de sept (la présence d'esprit, l'investigation, l'énergie, la joie, la tranquillité, la concentration et l'égalité d'humeur).

Bouddha/Bouddho Bouddha ; nom du Bouddha utilisé comme mantra.

Brahma, Etres célestes qui habitent dans les trois premiers règnes du « monde de matière fine ». On dit des êtres qui reprennent naissance dans ces règnes sublimes qu'ils ont fait l'expérience d'absorptions méditatives (jhâna). Par conséquent les brahmas ont des corps extrêmement raffinés, composés de lumière pure, et ressentent du plaisir mental à un degré de raffinement extrêmement élevé. Lorsque le bon kamma qui leur a valu de prendre naissance dans ces règnes touche à sa fin, ces êtres décèdent et reprennent naissance quelque part d'autre, dans un règne d'existence qui est en rapport au kamma qui leur reste.

Buddhanussati Remémoration des qualités du Bouddha.

Cankama Méditation en marchant ; faire des allées et venues sur un chemin fait pour la méditation.

Citta Voir Annexes.

Deva Etre semblable à un ange, vivant dans le règne des devas, qui se trouve immédiatement au-dessus du règne humain.

Dhamma Vérité ; ordre ultime qui sous-tend toute chose ; l'enseignement du Bouddha.

Dhammanussati Remémoration des qualités du Dhamma.

Dhammavicaya Investigation du Dhamma, de la nature des choses, des enseignements du Bouddha.

Iddhipada Voies du succès, au nombre de quatre : chanda, l'intérêt ou le désir, l'aspiration ; viriya, l'énergie investie ; citta, le cœur que l'on met à l'ouvrage; vimamsa, la réévalution des efforts fournis pour voir s'ils mènent au but désiré.

Indriya, Faculté, fonction.

Jhàna Absorptions méditatives de types divers, comprenant les quatre rûpa-jhânas (absorptions matérielles fines) et les quatre arupa-jhânas (absorptions immatérielles).

Kasina, Objets de méditation, parmi les quarante objets enseignés par le Bouddha, au nombre de dix : la terre, l'eau, le feu, l'air, les couleurs bleue, jaune, rouge, et blanche, la lumière et l'espace.

Kammatthàna Litt. « base de travail »; fait référence à «  l'occupation » d'un bhikkhu pratiquant, à savoir la contemplation de certains thèmes de méditation qui permettent de déraciner de son cœur les forces avilissantes de la cupidité, de la haine et de l'ignorance. Au cours de la cérémonie d'admission dans les ordres, on donne au nouveau moine cinq kammatthâna de base qui constituent le fondement de la contemplation du corps : les cheveux, les poils, les ongles, les dents et la peau. Par extension, kammatthâna comprend les quarante sujets classiques de la méditation bouddhiste. Le terme de kammatthàna est employé le plus souvent pour identifier en particulier un moine de la tradition de forëte thaïe et celle créée par Ajahn Sao et Ajahn Mun.

Khandas Lit. « groupe » ou « aggrégat ». Au pluriel, khandhas fait référence au cinq composantes physiques et mentales de la personnalité (le corps, les sensations, la mémoire, les pensées et la conscience) et à l'expérience sensorielle en général (les objets de la vue, les sons, les odeurs, les goûts et les sensations tactiles). Connus également sous le nom « d'aggrégats de l'attachement » parce qu'ils sont l'objet d'une soif d'existence personnelle, ils sont, en fait, tout simplement des catégories de phénomènes naturels qui apparaissent et cessent constamment et sont dépourvus de toute identité propre qui perdure quelle qu'elle soit.

Metta Amabilité, bienveillance ; amour pur. Première des quatre demeures divines, les trois autres étant la compassion, la sympathie et l'égalité d'humeur.

Nibbàna, (en sanskrit nirvana) La signification littérale est «  éteint ». Le nibbàna est comparé à une lampe ou un feu qui s'éteint. Il s'agit des trois feux de la cupidité, de la haine et de l'illusion qui s'éteignent dans le cœur, faute de combustible. L'extinction de ces feux libère l'esprit de tout ce qui l'enchaîne au cycle des renaissances et aux souffrances qui l'accompagne. Le nibbàna, c'est la liberté absolue, le suprême bonheur. C'est en tant que tel qu'il constitue le but ultime de la pratique bouddhiste. On dit que le nibbàna est un état qui n'a pas pris naissance, qui est au-delà de la mort et inconditionné, mais puisque c'est quelque chose qui se trouve détaché de toute trace de réalité conventionnelle, une description de ce qu'est, et ce que n'est pas le nibbàna demeure entièrement hors de portée des formes de langage conventionnel.

Nimitta Signe ; dans la pratique de la méditation, image mentale, d'habitude d'ordre visuel.

Pâli Une ancienne variante du sanskrit, le pâli est la langue littéraire des premiers bouddhistes et celle dans laquelle sont préservées les écritures bouddhistes originales. La plupart des termes italisés dans ce livre sont pâlis.

Passaddhi Tranquillité, sérénité ; le cinquième des sept facteurs d'éveil.

Sakadàgami Celui qui ne revient plus qu'une seule fois. Terme technique pour parler d'une personne qui a atteint la deuxième des quatre réalisations, ou voies au nibbàna. Un sakadàgàmi est une personne qui a complètement abandonné les trois entraves inférieures (la vue de la personalité, l'attachement aux préceptes et aux pratiques religieuses, et le doute) et partiellement les deux entraves suivantes (le désir sensuel et la haine) et qui, après la mort, ne réapparaîtra plus qu'une seule fois clans le règne humain avant la réalisation du nibbàna.

Samadhi Voir Annexes.

Samatha Voir samàdhi.

Samsara Le cycle de renaissance dans lequel sont pris tous les êtres est sans commencement. Samsara est le nom donné au processus constant de naissance, de maladie, de vieillesse et de mort - une succession ininterrompue de naissances, de morts et de renaissances. Il englobe les existences des êtres dans l'univers entier, des plus grossiers aux plus raffinés, des règnes les plus élevés dans le « monde sans forme » aux plus profonds des règnes dans les enfers. Toute existence dans ce cycle est sujet au changement, est intrinsèquement instable et chargée de douleur et de souffrance, chaque état d'existence d'un être étant déterminé par ses actes intentionnels de corps, de parole et d'esprit (kamma). La réalisation du nibbâna marque la transcendance complète du samsara.

Sangha La communauté des disciples du Bouddha. D'un point de vue conventionnel, ça désigne l'ordre monastique bouddhiste. D'un point de-vue idéal, ça se réfère aux disciples du Bouddha, laïques ou monastiques, qui ont atteint au moins la première des quatre réalisations menant à l'état d'éveil (arahant).

Sanghanussati Remémoration des qualités de la Sangha.

Satipatthana Pratique et méthode de développement de la présence d'esprit.

Sotapanna, Celui qui s'est engagé dans la voie. Terme technique pour parler d'une personne qui a atteint la première des quatre réalisations, ou voies au nibbâna. Un sotapanna est une personne qui a complètement abandonné les trois entraves inférieures (la vue de la personalité, l'attachement aux préceptes et aux pratiques religieuses, et le doute) et qui, après la mort, ne réapparaîtra au maximum que sept fois dans le règne humain avant de réaliser le nibbâna.

Subha De bonne augure, souvent employé pour se référer à la perception de ce qui est beau.

Sutta Fil ; discours du Bouddha,

Vedana Sensation ; terme utilisé par le Bouddha pour décrire ces trois types de sensations : agréables, désagréables et ni-agréable-ni-désagréable.

Vipassana, Contemplation menant à une révélation claire et intuitive. Appuyée par un état silencieux de calme méditatif, vipassana mène à une révélation spontanée de la nature des phénomènes physiques et mentaux à mesure qu'il apparaissent et disparaissent, et les voit comme ils sont vraiment : par nature impermanents et instables, mêlés à la douleur et à la souffrance, et dénués de quoi que ce soit que l'on puisse appeler « soi ».

 

 

GautamaBuddha.Info

 

 

 

Commentaire

 

 

Dans les explications sur la Citta,on reconnaît l'Esprit qui est à l'origine du monde. L'océan infini et éternel de conscience "connaissante" (awareness) qui est la nature profonde de l'Etre.

 

En contraste avec cette conscience supérieure universelle et impersonnelle se trouve la conscience de la personne. Celle-ci est associée aux sens, au corps physique. Elle est aussi associée à celui qui agit, qui pense, qui décide, à l'ego.

 

La description de la méditation nous trace le chemin d'évolution spirituelle qu'elle permet.

Il se produit l'effacement de la conscience physique des sens, la progression plus avant dans la conscience supérieure. C'est littéralement quitter le monde extérieur pour rejoindre l'être profond, qui est la réalité ultime. Cela implique aussi de passer graduellement de la condition de mortel à une condition d'immortalité en s'intégrant à la conscience universelle.

Devenir celui qui n'a plus besoin de revenir.

Progression qui passe par les jahnas (ou dyhanas), ces percées successives qui conduisent au nirvana pour les Bouddhistes.

 

Les autres traditions du même style suivent le même chemin de façon très semblable.

 

 

Citations de textes taoïstes :

 

"Le Ciel et la Terre peuvent transformer tout ce qui possède une forme (=faire mourir le corps physique.)

Le Ciel et la Terre sont incapables de transformer ce qui ne possède pas de forme.

Le Ciel et la Terre sont capables de transformer tout ce qui possède une conscience des sens,

Le Ciel et la Terre ne sont pas capables de transformer ce qui ne possède pas de conscience par les sens.

Le Ciel et la Terre sont capables de transformer celui qui possède un mental,

Le Ciel et la Terre ne sont pas capables de transformer celui qui nepossède pas de mental."

 

"Perdez toute perception consciente du corps et de l'état corporel.

C'est un processus naturel et graduel de tomber dans un état qui peu à peu est libre de toute trace de conscience humaine.On ne sait plus ce qui est le corps physique et ce qui est l'environnement extérieur. La faculté d'écouter semble s'arrêter.

La barrière qui existait entre le mental et la respiration semble disparaître et ils se fondent complètement pour ne former qu'une seule unité harmonieuse.

Au cours de cette expérience, on peut “sentir” que tout arrive à une immobilité complète et constante, plus rien en mouvement, rien ne va, rien ne vient, car on ne sait plus combien de temps s'écoule, le temps et l'espace disparaissent, on repose dans un vide complet."

 

 

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Bien peu d'entre nous sont dans la même condition que les moines, ou possèdent le même engagement, mais aucun effort n'est vain sur le chemin d'ici et maintenant. Chaque modeste méditation nous transforme un peu.

Bon courage, bon voyage !!

Published by lescribe - dans Méditation
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23 décembre 2013 1 23 /12 /décembre /2013 15:18

 

Parmi les difficultés dont souffre la société française se trouve une constitution politique qui instaure, à toutes fins pratiques, un régime autoritaire très déséquilibré.


 

Qu'est-ce que l’autoritarisme?


« Le terme autoritarisme peut désigner aussi bien un comportement que le mode de fonctionnement d'une structure politique. L'autoritarisme consiste dans les deux cas en une prééminence, une hypertrophie de l'autorité » (Wikipedia.)


Dans tout groupe de personnes travaillant ensemble, il faut une organisation entre un petit nombre qui prend les décisions et un grand nombre qui travaille suivant ces décisions.

Dans de bonnes conditions, il y a accord entre les exécutants et les décideurs. On respecte les opinions de la base qui jouit alors de conditions saines. Les deux sont en équilibre.


Cela s’applique à tous les groupes fonctionnant ensemble, nations, sociétés, entreprises, famille, etc..

 

L’autoritarisme apparaît lorsqu'il y a une distorsion du système. Le petit groupe au sommet entreprend de tout décider en fonction de ses idées propres seulement. Il utilise les avantages de sa position pour imposer de plus en plus son pouvoir exclusif, ne se basant plus sur la diversité des opinions, mais essentiellement sur les siennes. Il se crée donc une scission entre la base et le sommet. Celui-ci dirige de plus en plus pour lui-même et s'accorde davantage de droits envers une base qui devient servile et aliénée. Plus le petit groupe dirigeant devient institutionnalisé et absolu, plus l’autoritarisme devient flagrant et nocif, car les intérêts exclusifs du petit groupe aux commandes s'exercent aux dépens de l'intérêt général.


Les exemples les plus typiques se voient dans les entreprises, petites et grandes, ainsi que dans les dictatures.

 


Napoleon                          

 

 

L'installation de l’autoritarisme en France


L’autoritarisme a été ré-installé en France avec la constitution de la Ve république.


Suite à la déliquescence de la république précédente, l'équipe en place a décidé d'instituer une constitution qui garantisse une gouvernance efficace de la nation.


Cette équipe n'avait que peu d’idée de ce qu'est une bonne démocratie, pensant que la démocratie ne pouvait être autre chose que la gestion affligeante du pays appliquée par la IVe république.


De plus, à travers l'obsession de pouvoir du Général de Gaulle, cette équipe se définit comme objectif d'assurer et de maintenir pour la France un rôle de grande puissance.

 

 

Le rôle de De Gaulle pendant la guerre et durant la décolonisation a été exemplaire, pragmatique, efficace, héroïque et glorieux. La nation lui reste à juste titre grandement reconnaissante.


Pourtant, sa stature grandiose masque à nos yeux une ombre obscure aux conséquences funestes.

Dans ses Mémoires de Guerre, De Gaulle proclame que la France «n’est réellement elle-même qu’au premier rang. La France ne peut être la France sans la grandeur... vouée à une destinée éminente et exceptionnelle».

Dans un discours, il proclame vouloir faire de la France « le plus grand parmi les grands. »


Cela n’est pas trop ridicule si on interprète « grand » dans le sens de « noble.»

Ou si l’on ne voit là qu’une sorte d’attachement œdipien viscéral à la mère patrie.

Quoi qu’il en soit, cette folie des grandeurs a présidé à ,la rédaction de la constitution, entraînant les conséquences dramatiques et funestes que nous subissons aujourd’hui.

Une situation qui ne marque pas un progrès vers un futur meilleur, mais un retour atavique vers la sujétion de la nation à un leader unique.


C'est ainsi que fut produite la constitution de la Ve république, qui aurait très bien convenu aux régimes autoritaires de l'Europe des années 30. Les constituants ne connaissaient pas autre chose pour réaliser leur objectif, c'est-à-dire avant tout une politique de puissance.


Un régime autoritaire ressemble à un régime fascisant


La constitution de la Ve république contient tous les ingrédients qui rassemblent entre les mains d'un petit groupe un pouvoir discrétionnaire.


La nature absolutiste du régime tient au déséquilibre qui rassemble les pouvoirs entre les mains de l'exécutif, lui asservit également le pouvoir judiciaire, et ne laisse au parlement que le rôle d'approuver ce qui a déjà été décidé, en mettant en scène un semblant de débat démocratique approfondi.


La politique de puissance se trouve dans les mains d'un exécutif qui peut à peu près tout se permettre (envoi de troupes en Afghanistan, base dans le Golfe Persique, bombardement de la Libye, emprise sur les télévisions... ou toute autre aventure) sans consultation du parlement. Cela peut devenir extrêmement dangereux, ou coûteux. Les pays démocratiques ne procèdent pas ainsi.


Le Parlement quant à lui est réduit à un rôle mineur. C’est détruire à la base le fonctionnement d’une démocratie véritable. La démocratie n’est pas créée par le simple vote populaire. Tous les régimes dictatoriaux utilisent le vote pour se justifier.


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Au contraire, le fondement de la démocratie repose sur le pouvoir réel du Parlement. Dans la démocratie moderne, le Parlement est apparu comme contre pouvoir opposé à l’arbitraire royal. Essentiellement, le Parlement est né du besoin des classes bourgeoises montantes de se protéger contre la taxation excessive pratiquée par le pouvoir royal.

 

Le rôle du Parlement est donc essentiellement de représenter les intérêts du peuple, et très précisément, ses intérêts pécuniaires. La constitution de la Ve république rejette le rôle fondamental du Parlement, qui est justement de contrôler l'imposition, donc de pouvoir refuser un budget. Le Parlement vote effectivement le budget, mais sans pouvoir le refuser.


Il s’en suit que la Ve république a instauré un régime n’ayant que l’apparence d’une démocratie véritable, c’est un simple décor.


Contraint d'accepter le budget, le Parlement est réduit au rôle de légitimer l'impôt, sans pouvoir protéger le peuple d'une imposition excessive. Il ne peut pas non plus brider les ambitions démesurées de l'exécutif, dont il faudra supporter les conséquences.

 


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Mais le parlement représente-il vraiment le peuple?


Il est composé en grande partie de fonctionnaires qui auront par conséquent toujours tendance à accepter le point de vue de l'état plutôt que celui du citoyen, d'autant plus qu'ils sont choyés, grassement payés, pour ne pas dire « achetés » à cette fin. Les députés se représentent surtout eux-mêmes, et n'hésitent pas à se voter discrètement des avantages exorbitants.


Quant à leur rôle législatif, n'oublions pas que 90 % des projets de loi sont soumis par le gouvernement.


Un sondage Ipsos du 24 janvier 2013 montre que :

82% des gens approuvent l'affirmation selon laquelle les responsables politiques "agissent principalement pour leurs intérêts personnels", 72% allant jusqu'à dire que "le système démocratique fonctionne plutôt mal en France".



Les dérives fascisantes:

La démographie


L'outil essentiel dont un état ambitieux a besoin pour accomplir sa politique de puissance est une forte population. Depuis l'avènement de la Ve république, le pays est donc engagé dans une croissance démographique forcenée.


L'objectif de la croissance démographique frénétique est d'atteindre 80 millions d'habitants ( Michel Debré en voulait 120 millions. Lui et son compère de l'Elysée étaient donc vraiment sur la même ligne que les dictateurs avant eux. On se souvient qu'ils interdisaient la contraception.) Le pays y va bon train, ayant déjà « grandi » de 50 % en 50 ans.


Des coups de Cocorico saluent régulièrement la prouesse, cependant l'objectif reste aussi discret qu'un secret défense. Il ne s'agit pas que la population soit mise au courant de ce qui se passe et préfère un choix différent. Il se trouve qu'un gouvernement possède tous les moyens d'orienter l'opinion à sa convenance. Grâce à son emprise sur les médias, il possède les moyens de fabriquer le consentement de façon imperceptible et indolore selon les besoins.


Cette politique démographique a été mise en oeuvre en utilisant l'immigration massive de millions de migrants, et une politique d'allocations très généreuse, comme par exemple celles du troisième enfant.


Curieusement, les cocoricos avec lesquels on flatte le bon public sonnent creux hors des frontières. Ces dernières années, la natalité a chuté et reste basse dans plus de 100 pays au monde. Elle ne demeure un problème que dans les pays sous-développés.


Il s'agit là d'une remarquable réaction de la population par libre choix, pour protéger la planète, et sa qualité de vie. Mais cela ne peut se produire que dans les nations qui ont droit à un comportement reproductif naturel et spontané, qu'il soit conscient ou non, ainsi qu’à un grand espace de pensée autonome bien dégagé. Pas partout...



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La politique de l'état français contraste aussi curieusement avec celle d'un pays d'immigration profondément démocratique, le Canada.

Là-bas, les immigrants ne sont reçus que d'une façon contrôlée qui assure qu'ils s'intégreront facilement dans le tissu économique et ne seront pas une charge pour la société. Le gouvernement se sent responsable envers une population dont les opinions et les intérêts doivent être entendus. Il va sans dire que ce pays n'a pas besoin de CSG1, ni de CSG2, ni de CRDS...


Une vraie démocratie se doit de gouverner "avec le consentement de la population," et autant que possible, un consentement informé au lieu d'un consentement fabriqué.


La politique française vise au contraire un gonflement démographique à n'importe quel prix, car il s'agit de répondre à l'ambition de puissance, et non pas aux préférences légitimes de la population.


Il est donc intéressant d'examiner les résultats de cette politique.


L'île de la Réunion en donne un micro exemple.

C'est là qu'allait se faire élire Michel Debré, grand artisan d'une forte démographie. Sa politique généreuse a fait naître des milliers de bébés-braguette comme ils sont appelés. Maintenant ces classes de jeunes se trouvent sans aucun avenir devant eux, avec un taux de chômage de 60 %.


Quel glorieux résultat pour ce grand leader visionnaire !

Seul un imam aurait pu faire mieux.


C'est bien triste, mais c'est exactement ce qui est arrivé en métropole suite à la politique d'immigration massive.


De Gaulle avait fait le tour de l'Ile-de-France en hélicoptère pour inspecter les endroits où implanter les villes nouvelles devant accueillir les nouvelles masses de travailleurs importés pour fabriquer de la grandeur.


On leur a préparé d'avance de belles barres d'immeubles, tout était prévu.

Mais rien ne s'est passé comme prévu. La greffe artificielle de ces masses immigrées sur la société n'a pas pris. Les quartiers sont devenus des taches sombres où le chômage oscille entre 20 et 40 %.


Les conditions de travail dans l'enseignement, dans la police, dans les transports, dans les hôpitaux se sont dégradées. La délinquance, la criminalité, l'insécurité augmentent, car ces populations n'ont d'autres ressources pour vivre que les subsides étatiques ou les trafics illicites.


Les gens ne comprennent pas qu'ils n'ont été que des instruments d'une politique qui ne les concerne pas directement. Ils n'ont d'autres moyens d'exprimer leur désarroi que de brûler des voitures, ou parfois, de lancer des émeutes.


Un sondage Ipsos, publié le 24/01/2013 indique :

29% seulement jugent que "l'immense majorité (des immigrés vivant en France) est bien intégrée". 70% partagent l'idée qu'"il y a trop d'étrangers en France".


Le bon peuple français est par force solidaire de ses dirigeants visionnaires, et doit accepter la facture par solidarité avec eux.


Mais le prix à payer pour une politique de gonflement démographique accéléré, c'est également la dégradation de la qualité de vie inséparable d'une dense population.


La qualité de vie qui a été perdue quand on se trouve dans 200, 300, 400 ou 500 kms de bouchon n'est plus récupérable. La frénésie, le stress, la compétition qui agitent les centres urbains et les sociétés denses ne peuvent plus disparaître.

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Est-ce là la norme d'un bon mode de vie ? Faut-il choisir pour les nouvelles générations une existence qui se résume à se frayer un chemin dans une masse compacte après une autre, de cohue en cohue, et ainsi de suite ? Choisir de sacrifier les derniers espaces qui restent et que les voisins envient ? La politique française ne doit-elle pas se trouver en accord avec les besoins du reste du monde ?


L'existence au sein d'une pullulation toujours plus dense qui ne cesse de générer toujours plus de tensions et de stress n'est pas favorable à une évolution positive de la société ou des individus. Il est difficilement admissible que cela soit imposé au pays, que le pays soit mis encore une fois devant le fait accompli. D'autant plus que la tendance du peuple français avait toujours été de garder la mesure et de se maintenir dans un équilibre naturel en ce domaine. Il y a donc bien un conflit entre les désirs de l'état et ceux de la société.

 


 

Il appartient à la société de décider en toute connaissance de cause, c'est ce qui s'appelle un droit naturel. Le type de droits fondamentaux qui n'appartiennent pas aux états.



Le nucléaire, autre dérive absolutiste


Le nucléaire est le domaine où le triomphe de l’absolutisme autocratique français est le plus flagrant.


C'est par excellence le domaine qui concentre le plus de pouvoir entre le moins de mains et garantit le plus de puissance. L'énergie nucléaire civile et militaire répond parfaitement à une soif de puissance illimitée. On en voit le résultat avec une production d'électricité nucléaire à 85% alors que les pays moins intoxiqués mentalement se limitent prudemment autour de 20 %.


Cela indique bien que cette politique est irresponsable. Car les conséquences sont en tout point désastreuses : désastreuses financièrement, vu le coût d'aventures comme Super Phénix ou celui du démantèlement futur des centrales. Désastreuses par les risques environnementaux et sanitaires de la gestion des déchets. Désastreuses par le risque d'accident catastrophique. Désastreuses moralement de laisser aux générations futures un héritage aussi nocif qui n'aura pas de fin, semblable à une damnation.


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Le nucléaire illustre parfaitement à quel point l’emprise technocratique absolue est désastreuse pour un pays.


Si l’opinion publique avait été correctement informée et consultée, les choix, et les résultats auraient été bien différents. Les technocrates de génie qui ont décidé de tout miser sur le nucléaire ont conçu leur projet fascinant sans voir les choses les plus importantes.

Sans voir que le coût du démantèlement de centrales pourrait atteindre plusieurs centaines de milliards d’euros et devenir inabordable. Sans voir que les énergies renouvelables sont une mine de richesse et d’emplois sans risques.


Il faut bien toute la facilité d'un état à manipuler l'opinion pour faire accepter cela à un pays. Mais la fabrication de l'opinion sur mesure fonctionne très bien, comme l’a démontré Noam Chomsky.


Ainsi l'état peut-il se permettre de n'avoir aucune intention de renoncer. Après les catastrophes majeures qu'ont été Three-Mile-Island, celles de l'Oural, Tchernobyl et Fukushima, il est décidé de continuer de plus belle, de poursuivre de nouveaux projets, car la caractéristique typique de l’absolutisme, c'est que par nature, il ne peut pas s'arrêter.

Il ne peut pas être stoppé car la décision dépend de ceux qui en profitent le plus. La seule façon pour qu'un processus autocratique s'arrête, c'est qu'il soit détruit par lui-même, par les propres excès qu'il engendre.



La fiscalité


Tel qu'il est pratiqué en France, soigneusement enrobé dans un gant de velours, l’absolutisme est incolore, inodore et sans saveur. Mais il n'est pas sans douleur, vu sa conséquence sur les taux d'imposition.


Il est évident qu'une politique de puissance ne s'assouvit jamais, et exige une pression fiscale qui ne s'assouvit jamais.


L'illustration du problème est donnée par les exilés fiscaux, une réaction inévitable dans un pays où l'état peut pomper sans limites dans les ressources des contribuables et des entreprises sans être responsable des gâchis engendrés.


A elle seule, la politique démographique conduit à des prélèvements multiples et incessants (GSG. CRDS, autres prélèvements sociaux) de même que toutes les autres politiques telles que les fastes républicains, les représentations à l'étranger, etc...


Ce douloureux problème est connu de tous, en voici encore la démonstration dans l'article du magazine Le Point, intitulé « Impôts, cette folie fiscale française, » du 15 mars 2013.

Par Emmanuel Berretta


« Gilles X., la quarantaine, est un entrepreneur tout ce qu'il y a de plus ordinaire. Il emploie 280 personnes dans sa société dans un secteur de haute technologie. Et chaque année, comme beaucoup de chefs d'entreprise, il acquitte pas moins de 11 taxes et impôts différents : la taxe d'apprentissage, la taxe transport, la PEEC (participation des employeurs à l'effort de construction), la taxe handicapés (AGEPHIP), la participation à la formation professionnelle continue, la CFE (contribution foncière des entreprises), la TVS (taxe sur les véhicules de société), la taxe à l'essieu (sur certains camions), la sécurité sociale des indépendants (RSI), la CVAE (contribution sur la valeur ajoutée des entreprises) et, bien sûr, l'impôt sur les sociétés... Dieu sait s'il faut avoir l'esprit d'entreprise chevillé au corps pour tenir bon sous ce tir nourri !

La France aime peut-être ses entrepreneurs mais elle a surtout une passion pour l'impôt. À telle enseigne que la fiscalité française a atteint, en 2013, un niveau inégalé dans l'histoire du pays ! Les prélèvements obligatoires représentent 46,3 % du PIB, en hausse de 65 milliards depuis 2011. Le précédent record - 44,9 % du PIB en 1999 - est loin derrière nous. Et chacun de nos gouvernants y a mis du sien : le gouvernement Fillon a fait voter, entre la fin 2010 et la fin 2011, des mesures entraînant une hausse totale des impôts de 31,2 milliards d'euros. Le gouvernement Ayrault y a ajouté, entre juillet et décembre 2012, 33 milliards d'euros supplémentaires. Record battu ! Et cela aurait pu être pire : Christian Eckert, le rapporteur du dernier budget, a tenté de charger la barque plus d'une fois à travers ses 571 amendements !....

...En 1960, le taux n'était que de 30,6 %. Sous la présidence de Giscard d'Estaing, entre 1974 et 1981, les taux connaissent une première montée en flèche en passant de 34,2 % à 40,4 % du PIB. Depuis 1996, le taux oscille autour de 43 à 44 %. Même si les comparaisons internationales sont toujours délicates, la France se situe très au-dessus des moyennes européennes....

.En matière d'impôts et de taxes, la créativité française ne s'est jamais démentie. En 1991, le gouvernement Rocard est passé à la postérité en inventant la CSG pour diversifier le financement de la protection sociale. À l'origine, son taux était de 1,1 %. Nous en sommes à 7,5 %. En 1996, Alain Juppé a, pour sa part, inventé un impôt extrêmement "rentable" : la CRDS (contribution pour le remboursement de la dette sociale). À l'origine conçue pour 5 ans, la CRDS s'est vu accorder une seconde vie jusqu'en 2017. On ne serait pas étonné qu'elle survive à cette date prétendument butoir...

Nicolas Sarkozy a, quant à lui, baissé les impôts via la loi TEPA - ce qui lui fut reproché - mais créé un nombre incroyable de nouvelles taxes. On en recense au moins 23 sous son quinquennat... Un rapide inventaire à la Prévert laisse entrevoir l'activisme fiscal d'un État ruiné et désemparé : taxe sur les nuitées d'hôtel supérieures à 200 euros, taxe sur les entreprises privées du secteur ferroviaire, taxe pour financer le Grand Paris, taxe sur les bonus exceptionnels des traders, sur les boissons sucrées, mise à contribution des sociétés privées de sécurité, création d'un timbre fiscal de 35 euros pour toute action judiciaire et d'un autre de 4 euros pour toute immatriculation d'un véhicule neuf... Arrêtons là cette litanie morose.... »


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Sous le quinquennat Hollande, la liste continue de s’allonger : lourdes taxes sur le patrimoine, cigarettes, alcool, relèvement de l’impôt sur le revenu, taxe à 75%, augmentation de la TVA, et ainsi de suite. La machine infernale ne peut pas être stoppée.


Le malheur, c'est que les Français sont pris dans un mécanisme aveugle par rapport à lui-même, et qui ne peut pas être arrêté, sauf s'il produit un crash contre lui, ce qui peut prendre du temps. On sait ce qu’il advient immanquablement des grenouilles qui s’efforcent de devenir aussi grosses que les bœufs.


Il appartient aux citoyens d'analyser et de comprendre ce mécanisme pour apporter les bonnes corrections au moment voulu. Il faut voir qu'il s'agit d'une rupture d'harmonie entre l'état et les citoyens, dans laquelle ceux-ci ne vivent plus essentiellement pour eux-mêmes, mais sont devenus des bêtes de somme pourrait-on dire, ou des instruments d'ambitions qui les dépassent et qu'ils n'ont pas approuvées. Tout ce qui existe, tout ce qui bouge, est inexorablement mis à contribution pour le même objectif, la politique de puissance.

 

La liberté d'expression

 

Tout régime autocratique se doit de contrôler l'opinion publique, ce qui se fait, entre autres moyens, en jugulant la liberté d'expression, au moins sur ce qui touche à ses objectifs fondamentaux.

Témoignage tiré d'un article de G. Koenig paru dans Le Point du 19 déc.2013:

 

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http://www.lepoint.fr/invites-du-point/gaspard-koenig/exclusif-et-si-la-france-n-etait-plus-le-pays-des-libertes-19-12-2013-1771863_2002.php

 

 "Nous avons plus que jamais besoin de combattants de la liberté, à l'heure où le gouvernement nous impose sa morale puritaine, sa vision archaïque de la planification, sa puissance d'extorsion légale.

 

Jetez un coup d'oeil sur les classements internationaux, simplement du point de vue des libertés individuelles. Democracy Index : France, 28e dans la catégorie des "démocraties imparfaites". Press Freedom Index : France, 37e, entre le Ghana et le Salvador. Index of Economic Freedom : France, 62e, entre la Thaïlande et le Rwanda.

 

Autre chiffre glaçant et moins connu : la France détient la quatrième place des pays les plus condamnés par la Cour européenne des droits de l'homme pour violation de son article 10 protégeant la liberté d'expression - juste derrière la Turquie, l'Autriche et la Russie...

 

 

La liberté d'expression ! ...  le législateur, plein de bonnes intentions et d'ignorance, a élaboré depuis quarante ans l'un des cadres les plus restrictifs des pays développés. La multiplication des procédures de diffamation, où la charge de la preuve est inversée, reflète l'extrême judiciarisation du débat public. Le moindre propos un peu tranchant peut aujourd'hui valoir de multiples poursuites. Et ce n'est pas fini : en février dernier, la sénatrice EELV Esther Benbassa a proposé de former un groupe de réflexion pour "faciliter la répression des propos sur les réseaux sociaux"...

 

 

L'état et la personne


Une autre caractéristique typique d’un régime fascisant est de contrôler toute liberté, car il s'agit de veiller à ce que le pouvoir exclusif des élites ne soit pas menacé.



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Cela se manifeste de deux façons :


D'une part, brider toute expression de liberté, fut-elle des plus innocentes, car un domaine où l'autorité de l'état n'est pas présente constitue une limitation, et donc un défi, pour l'autorité de l'état.


D'autre part, imposer de multiples obligations qui assoient la toute puissance de l'état dans tous les domaines.


Un tel empiétement sur l'espace vital des personnes est dramatique.

Exemple entre mille de mise « sous étroite surveillance » de toute expression de liberté : il a suffit que quelques illuminés aient envisagé de se rendre à Bugarach en pleine cambrousse célébrer la fin d'un cycle calendaire pour qu'ils soient précédés par un bataillon de CRS !


Exemple entre mille des obligations aussi inutiles que contraignantes que les ministères émettent à longueur d'année : pour louer un appartement, fournir obli-ga-toi-re-ment un certificat de qualité énergétique. Cela n'intéresse qu'un quidam sur mille, alors pourquoi ne pas rendre la chose facultative et réservée à ceux qui le demandent ?



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Le harcèlement administratif existe, mais il n'est pas encore reconnu comme un délit, et il fait de ce pays l’un des plus étouffants qui soient.


Beaucoup plus dramatique : tout état fascisant est un état policier, que cela se voie ou non. En fait, cela se voit parfaitement bien dans la multiplication des fichiers de police, beaucoup plus développée que la nécessité ne le demande.


En matière de police, les Français ont quand même eu la chance que l'influence des voisins européens parvienne à civiliser un peu le comportement de l'état en matière de garde à vue. Et il y en a des centaines de milliers en France chaque année, pour la moindre des raisons.


La Cour européenne des droits de l'homme est aussi devenue un heureux recours qui condamne régulièrement l'état français pour ses abus en matière de droit envers la personne, par exemple à propos des prisons.


Tout le monde en souffre, mais peu de gens peuvent l'exprimer. Il faut donc saluer la sortie du livre "Égalité, taxes, bisous" dont voici la présentation :

« Plus à propos, et même si ce livre est avant tout un recueil d'une sélection de billets que j'espère amusante et pertinente, il constitue aussi un témoignage, une tranche de vie française analysée sous l'angle libéral en conservant à l'esprit qu'il fut un temps pas si lointain où la France était un pays de liberté, se réclamait de ce principe et le prouvait effectivement par une grande bienveillance de l'État vis-à-vis de ses administrés. C'était un temps où l'État n'occupait pas plus de la moitié des activités, ne pompait pas plus de la moitié des richesses du pays, et n'intervenait pas depuis la première claque administrative et obstétrique sur les fesses jusqu'au dernier récépissé en triplicata d'une succession suite à enterrement. C'était un temps où les notions de propriété et de responsabilité voulaient encore dire quelque chose de concret et garantissaient ainsi l'exercice normal et régulé de la liberté des citoyens.

Ce temps est maintenant largement révolu, et le contraste que le recueil fournit dans chacun de ses textes est si grand qu'il oscille entre l'absurde d'un pays dépassé par sa bureaucratie devenue folle et le comique de situations incontrôlables. Vous découvrirez ainsi au fil des pages l'opposition de deux pays, de deux populations. D'un côté, une France qui travaille et tente de s'adapter aux avanies que lui réserve, de l'autre côté, une section bien spécifique de la population qui forme la Fraônce. »


L'extension incessante de la pieuvre administrative se poursuit inlassablement dans les domaines où il restait un brin d'autonomie aux citoyens, par exemple les conseils municipaux. Ceux-ci sont en train d'être noyés dans des structures plus larges où l'expression personnelle sur les décisions locales ne peut plus être prise en compte, mais est au contraire remplacée par les vues imposées d'en haut.


C'est la situation classique de la démocratie à l'envers où, au lieu que l'état entende l'expression populaire, l'état « fait de la pédagogie » et explique aux élus ce qu'ils doivent faire et ce qu'ils doivent penser. La plupart des consultations sont de ce style et visent à faire passer des plans pré-établis. On le voit dans l'exemple de l'aéroport de Nantes, projet fort discutable conçu pour répondre aux désirs de quelques grands acteurs, à l'encontre des idées et intérêts plus profonds de la population.


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NOTRE DAME DES LANDES

RADIOGRAPHIE DE LA CONDITION SOCIALE

 

Le conflit sur l’aéroport de Nantes illustre aussi parfaitement qu’un cliché radiologique la situation d’antagonisme à l’échelle du pays.

Que veulent les opposants ? Que veut le peuple ?

Ils veulent préserver la région, ses paysages, son agriculture, sa vie locale, sa tranquillité, en un mot, sa qualité de vie, pour ses habitants.

Que veut l’état ?

Comme dit le ministre,l’aéroport se fera pour répondre aux objectifs de croissance. Autrement dit, satisfaire la politique de puissance, le jeu de la compétition avec les autres pays, le rêve de « grandeur » qui fonde la 5e république.

 

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La lutte entre le peuple et l’état révèle donc deux conceptions opposées de la gestion politique.

D’une part, la croissance et la puissance, ce qui nous a donné les grandes guerres historiques et la dévastation écologique de la planète. C’est la vision du passé, toujours en vigueur.

D’autre part, la vision populaire qui est en train d’engendrer de nouveaux modèles fondés sur des valeurs nouvelles : coopération au lieu de compétition, équilibres au lieu de croissance, solidarité, valeurs humaines, qualité de vie, durabilité etc. Ce sont toutes les valeurs qui naissent en contrepartie du capitalisme prédateur et ravageur. Pas étonnant que les manifestants viennent avec leurs enfants, ce sont les valeurs du monde de demain qui est en train de se manifester.

(Cette gestion politique devient tout à fait envisageable quand le pays est intégré à un groupe de 28 voisins, il a moins besoin de s’agiter seul sur la scène internationale et de jouer les gros bras.)

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Le conflit se crée à cause des structures constitutionnelles qui privent le pays de démocratie réelle.

L’opposition à l’aéroport est majoritaire, (au-delà de 50%) alors que les soutiens ne rassemblent pas 25%. Dans ce contexte, le préfet déclare que le projet est approuvé démocratiquement. Ce cliché radiographique de la démocratie actuelle montre qu’elle est en fait une dictature administrative, incapable de tenir compte de la réalité populaire, (sauf lorsqu’il s’agit d’effectuer des « prélèvements. »)  

 

On le voit aussi par exemple dans les « grands » projets de « grandes métropoles » autour des grandes villes (Lyon, Marseille, etc.) Une situation où le rôle des élus sera noyé et le contrôle de l'état renforcé. Les choix et décisions n'appartiendront plus aux citoyens, mais aux « experts. »

La technocratie étouffe la démocratie parce qu'elle a des visées bien précises, à défaut d'être explicitées.

On sait pourtant bien que le propre des experts est de se tromper puisque leurs décisions sont prises dans une optique restreinte et sans l'équilibrage qu'apporte le bon sens populaire qui lui peut voir plus large et plus loin.

Ils peuvent surtout se tromper sur les objectifs globaux de la société



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Une Constitution

Thomas Jefferson disait que chaque génération ferait bien de ré écrire la constitution qu'il lui faut. Parce que le pouvoir corrompt, et les anglophones rajoutent : « le pouvoir absolu corrompt de façon absolue. »

La constitution américaine, incontestablement la plus équilibrée au monde a été totalement pervertie par les puissances de l'argent et ne garantit plus du tout l'exercice de la démocratie.


En contrôlant les médias et le Congrès, le pouvoir de l'argent parvient sans problème à façonner le résultat des élections et la nature des lois qui sont produites.


Les Français ne devraient donc pas hésiter à mettre en cause leur constitution.

La démocratie n'est pas ancrée dans la culture française. Démonstration en a été faite par l'épouvantable ratage que fut la Révolution s'achevant dans la dictature et le retour à la monarchie, à comparer avec les fruits de la Révolution américaine.


La culture latine est porteuse des gènes de l'autoritarisme et du dirigisme. Difficile dans ces conditions de concevoir une constitution réellement démocratique.

Suffit de voir comment les intervenants se coupent la parole dans les débats pour comprendre à quel point ils sont éloignés d'un comportement démocratique. Etre démocratique, c’est comprendre que personne n’est porteur de la vérité toute entière, mais que chacun porte une portion utile de la vérité.


Il ne faut pourtant pas désespérer, car la démocratie est tout simplement l'expression de la sagesse populaire, meilleure que n'importe quel autre système, à condition quelle soit éclairée par des débats complets et ouverts.

Les médias sont le poumon de la démocratie. Or à deux ou trois exceptions près (Le Canard, le Monde diplomatique, Médiapart…) ils sont partout étroitement encadrés par le pouvoir de l'argent.


Le sondage Ipsos du 24/01/2013 révèle que : 58% des gens pensent que les médias "font mal leur travail", 42% étant d'avis contraire.


Après 40 ans d’autoritarisme, les Français ont accumulé un très lourd passif qui ne cesse de s'aggraver et sera très long à dégager.

Le pays vit sur les bases d'un régime dictatorial feutré. Il se doit d'aller vers un nouvel équilibre et de remettre l'état à sa place.


De Gaulle et Debré on poussé le balancier beaucoup trop loin pour rétablir la France. Il ne faut pas le pousser trop loin dans l'autre sens pour corriger l'erreur.


Le problème est que la démocratie a toujours raté en France. Les Français savent fort peu ce qu'est la démocratie. Ils doivent aller l'apprendre dans des pays comme l'Allemagne ou le Canada.(Des pays qui par ailleurs ne s'en tirent pas trop mal dans la jungle de la géopolitique.)


Il est nécessaire de rendre au parlement son rôle réel dans un système qui assure aussi la stabilité. Un système qui permette de gouverner de manière efficace et consensuelle en répondant réellement aux aspirations des citoyens, et en maintenant l'équilibre entre l'exécutif et la base.


Un tel système repose sur l'idée que la sagesse populaire vaut au moins autant que les avis des technocrates, et qu'on peut autant lui faire confiance.

La cohésion nationale se gagne par cette confiance. S'il était un jour nécessaire d'engager des réformes de fond plus essentielles, (contrôle de la finance, des lobbies...avancées en économie solidaire) la cohésion nationale fondée sur cette confiance serait nécessaire pour les réaliser, alors que l'état solitaire opposé à son peuple ne peut les obtenir.


 

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En effet, il est curieux que tous les états qui sont si puissants pour faire circuler leurs porte-avions sur les océans et matraquer les protestataires dans la rue fassent toujours humblement profil bas devant la puissance de la finance. Cela pose beaucoup de questions.


Voici pourtant un micro exemple instructif :


En Islande, l’effondrement financier de 2008 a été suivi d’une importante révolution populaire. Les Islandais sont parvenus à envoyer les banquiers responsables faire un séjour en prison. Ils ont refusé de renflouer des banques qui avaient été privatisées gratuitement. Il se sont même mis à l’œuvre pour écrire une nouvelle constitution fondée sur des consultations participatives ouvertes. Le système politique en place tend à ignorer ce modèle de constitution nouvelle, mais le mouvement se renforce pour le faire accepter par le parlement.



        

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Il échappe aux énarques que la finalité de l'existence, la condition humaine, exige une liberté individuelle plus grande que l'état autocratique ne peut accorder. Un état anti démocratique est un obstacle à la vie naturelle et aux droits naturels du citoyen et donc, au déploiement normal de sa destinée, (au bout du compte échapper à une existence robotisée.) Du même coup, c'est tout autant un obstacle à l'évolution positive de le nation et même à celle de la planète.

 

La question est finalement de savoir si la population peut définir autant que possible le mode de vie et les objecifs politiques au lieu de s'en remettre à de grands leaders et technocrates qui fatalement la conduiront dans des impasses puisque leurs vues sont partielles et limitées.

 

 

Dans sa fonction constitutionnelle toute puissante, le président s’est essayé à faire passer des lois hautement contestées. Il a ainsi soulevé une opposition multiple et hétéroclite qui n’a aucune autre unité que le rejet d’un despotisme suranné et débilitant.

Ce cri du peuple contre l’omnipotence arbitraire de l’état est encore indistinct et cherche confusément à se définir.

Il ne fait pourtant aucun doute que ce refus généralisé est motivé par la nécessité d’un remaniement complet des institutions.

 

L'Allemagne a viré sa cuti, l'Espagne a viré sa cuti. Les maux profonds de la société française perdureront tant que nous n'aurons pas de démocratie véritable.

Il nous appartient de réclamer la démocratie véritable, comme en Allemagne !!!

 

Il en va du bonheur de nos enfants, et du nôtre.

 

*****

 

anonymous 2   

 


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22 décembre 2013 7 22 /12 /décembre /2013 16:13



QUESTION:


"""Le mieux est sans doute de ne pas s'en préoccuper puisque ce que l'on reçoit en méditation ne dépend pas de nous et n'est pas contrôlable.
ce que l'on reçoit ne dépend pas de nous, mais alors de quoi ou de qui?"""

 

Une réponse:

Ce que l'on reçoit dépend de notre attitude : la plus détachée et la plus sincère possible.

Alors d'où ça vient?

Finalement, ça vient de l'Origine de l'univers, la Source. A l'Origine est la grande Unité, le grand tout indifférencié, que la tradition appelle la Mère Mystérieuse.

On peut le voir comme un océan de conscience infini.

Et c'est là que se trouve notre lien, ce qui nous relie à l'être ultime = notre propre conscience, qui en fait naturellement partie.
Et c'est là que se trouve notre problème = notre conscience individuelle est très limitée.

Dans notre vie terrestre, notre conscience est attachée au corps. C'est cela qui crée le moi-ego.

moi = fonction vitale pour se débrouiller dans l'existence, décider, libre arbitre et responsabilité de soi. C'est assez neutre ou impartial, et ça peut être assez sympa.
Se greffe dessus l'ego une excroissance un peu morbide, = le moi qui est bien plus mieux que tous les autres; Na !

Le travail de la méditation consiste à ramener la conscience de soi, la conscience personnelle, jusqu'à la grande unité d'où elle provient, rejoindre le grand océan de conscience universel.

Si on y arrive entièrement, on se trouve alors dans un état de félicité infinie, d'amour et de vie infinie. Le paradis, quoi, donc, ça vaut le coup.

En l'état actuel, nous ne sommes pas bien finis; nous sommes une goutte de conscience dont la destinée est de rejoindre l'océan. Nous sentons une attraction qui nous y attire.
C'est pour cela que nous méditons.

La méditation consiste donc à relier la goutte de conscience avec la conscience universelle, que l'on appelle aussi l'esprit créateur.

L'esprit créateur est une puissance, issue de l'Unité originelle, mais encore identique à l'Unité originelle, sauf qu'elle définit et engendre l'univers et ses lois.

Les religions anciennes l'appelaient "Dieu."

Ce qui n'est pas très commode pour nous, c'est qu'il se trouve des obstacles entre la conscience individuelle et la conscience universelle.

Il y a les obstacles sont liés au corps = ce sont les sens, qui nous attachent au monde terrestre. Donc, pour contacter la conscience supérieure, il faut faire taire les sens = passer du monde extérieur au monde intérieur. C'est là que se trouve notre propre esprit, issu de l'esprit céleste.

La conscience que nous devons rejoindre n'est pas de la conscience liée aux sens; elle est hors des sens corporels, alors qu'elle est ressentie comme une félicité indicible.

Il y a aussi les obstacles qui sont liés au mental. Toute l'expérience de vie, au cours de laquelle nous avons ramassé beaucoup de contamination, de négativité.

C'est à ce niveau de la transformation du mental que se produisent les changements importants de la méditation. En se mettant au contact de la conscience supérieure, on absorbe ses qualités.

On subit une transformation intérieure qui est un élargissement de notre conscience, une extension de la conscience individuelle jusqu'à ce qu'elle se fonde dans la conscience universelle, ce qui implique la disparition de tout ce qui est attaché à un ego personnel.

Ce que l'on reçoit en méditation n'est pas contrôlable parce que ça vient du monde spirituel qui nous dépasse.
Tout ce qui nous appartient de contrôler, c'est les bonnes attitudes mentales qui facilitent les changements en nous.

Assez curieusement, cette extension de la conscience se traduit par des qualités spirituelles qui représentent l'évolution vers un état plus divin.

Le sentiment de dualité devient une illusion qui disparaît dans la sagesse (connaissance éclairée. éveil)
Les pratiques mauvaises ou malsaines deviennent des vertus de droiture.
Les désirs excessifs, cupidité, passion cèdent la place à la tranquillité, la paix interne.
L'agitation incessante du mental, la cruauté, la haine, l'impatience, l'ambition, sont remplacées par l'harmonie envers les autres,
La jalousie, la compétition ou la colère disparaissent sous la bienveillance illimitée...

En fin de compte, notre évolution est une intégration; intégrer les qualités de la nature divine.

Un programme pour toute une vie.
Patience, et bon courage !


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20 mai 2013 1 20 /05 /mai /2013 10:47

 

Fleur 1

 

 

Commentaire de l'hexagramme 39 du I Ching, Jien (Obstruction)

 

Pour progresser dans la Voie de l’intégrité spirituelle,
Il faut d’abord exalter la pureté.


Nettoyer le mental de toutes les souillures,
Ré examiner souvent vos jugements.
S’en tenir fermement aux motifs purs
Qui inspirent votre travail sur soi.


Barrer l’accès aux perturbations malsaines.
Ne pas laisser le mental changer.
Même sur les parcours les plus rudes
Gardez-le ferme dans son trajet
Vers sa destination.
Ne pas le laisser flotter, changer, ou se piéger.


C’est la malpropreté du corps et du mental
Qui entraîne les désordres de la passion et de la vertu.
Le désordre rend la paix impossible.


Les puissances du mal se répartissent en quatre :
externes, internes,

apparentes et cachées.
Les plus difficiles sont celles qui sont cachées,
Parce qu’il est impossible de les voir arriver.
Il faut donc les reconnaître

dès leurs débuts subtils.

 

Attachez-vous à raffiner votre précieuse sagesse

et il ne sera pas nécessaire de vous retirer du monde
pour éviter ses tentations.


Votre équilibre, dont l’importance est primordiale
Se trouve altéré par un excès

d’activité mentale dysharmonieuse.


Lorsque le désordre mental apparaît
vous devenez esclaves des puissances du mal.
Il n’y a que peu principes pour grandir dans la Voie subtile,
Le principe fondamental consiste à garder son mental pur,
non divisé et non éparpillé.


Seule la discipline personnelle
développera correctement votre nature divine.


Le corps subtil,
qui se manifestera,
est la base de votre immortalité.


Il est possible de devenir vous-même celui qui vous dépouille

de votre propre équilibre.
Il faut de la prudence sur le chemin que vous suivez
pour devenir un être complet.

(Maître Ni Hua Ching)

Diamond

 

Ce commentaire sur l'hexagramme 39 du I Ching est particulièrement intéressant et profond.

Il nous rappelle les conditions fondamentales d'une bonne évolution spirituelle que l'on risque d'ignorer, ou d'oublier facilement.

 

D'abord de savoir maintenir fermement l'intention véritable qui nous motive pour évoluer. Cette intention est notre force personnelle devant les difficultés, mais comme il est facile de l'oublier !

Donc constance mentale dans notre engagement.

 

Ensuite de conserver un mental propre, débarrassé des souillures, car elles sont la source des perturbations internes.

C'est l'étape première et nécessaire d'un d éveloppement spirituel complet.

Les souillures mentales sont l'origine de tous nos efforts pour entretenir la vertu contre la passion. Les hauts et les bas, les échecs et les reprises, cette lutte perpétuelle dans laquelle notre développement spirituel se fait au rythme d'un pas en avant et trois pas en arrière...La paix nécessaire est alors impossible.

 

La solution est de barrer l'accès aux perturbations mentales malsaines.

C'est ainsi que l'on obtient l'équilibre interne nécessaire pour progresser.

Cela nous éloigne des puissances du mal, (les démons internes) qui nous enchaînent au malheur et à la souffrance.

Une question de discipline personnelle donc, comme il est dit, mais qui est peu à la mode de nos jours.

 

Fleur 2

 

Le I Ching de Maître Ni Hua-Ching (en anglais seulement, voir sur Amazon.com) est un livre qui peut très avantageusement remplacer la Bible.

Surtout au prix où il est offert, c'est le meilleur investissement que vous puissiez faire, car cet ouvrage peut vous accompagner dans votre cheminement, et répondre par voie intuitive à vos questions.

Maître Ni Hua-Ching donne de ce livre millénaire et obscur une élucidation incomparable parfaitement claire et adaptée pour le lecteur moderne sur le chemin spirituel.


23 février 2013 6 23 /02 /février /2013 12:32

 

 

Cet article est la traduction d'une vidéo de Maître Chen, que l'on peut retrouver en anglais sur son site :

http://www.daousa.org/index.php?option=com_content&view=category&layout=blog&id=44&Itemid=93

 

About Taoism

 

 

Revenir à notre nature véritable

 

Comment puis-je changer pour revenir à ma nature véritable ?


Les religions enseignent toutes différentes techniques pour revenir à notre vraie nature. Dans le Taoisme, il n'existe qu'une manière, qui est de se tourner vers l'interne afin de retourner à son esprit véritable en ramenant à nouveau l'esprit dans le corps.


Lorsque nous nous réveillons, l'esprit quitte le corps à travers les cinq sens, il part vers l'externe en quête d'information.

Ce faisant, nous dépensons beaucoup d'énergie, nous diminuons notre réserve d'énergie, et l'existence devient pleine de stress. Nous n'avons plus suffisamment d'énergie en réserve, nous devenons confus et stressés, incapable de fonctionner avec autant de conscience morale et de compassion que possible.


La façon de revenir à notre vraie nature consiste à écouter la voix de la conscience chaque jour en tournant notre conscience vers l'intérieur. Cela se décrit comme : voir, mais ne pas chercher, agir sans agir, savoir et ne pas savoir.


Voir mais ne pas chercher signifie que l'on peut voir, mais sans s'engager plus avant dans les détails, se détacher de ce que l'on voit, voir ce que l'on a vraiment besoin de voir, saisir le sens véritable de la scène, mais sans rechercher dans la confusion, l'attachement.


L'interne et l'externe forment deux faces yin et yang. Il est nécessaire d'aller vers l'externe, mais aussi de se retourner vers l'interne.

Lorsque vous avez l'occasion d'entrer en méditation, tenez le corps immobile, tenez le mental immobile, entrez en premier dans la paix, afin de comprendre le besoin de ce retour. La tranquillité est l'autre face du mouvement. Après que le corps, le mental et l'esprit aient été en mouvement, rendez le corps, le mental et l'esprit immobiles.

L'esprit se tourne vers l'interne pour être heureux et s'aimer soi-même, l'esprit devient tranquillité.

 

Les abeilles volent en butinant pour amasser de l'essence, mais ensuite elles se tournent vers l'interne pour produire le miel. De la même manière, ramenez votre esprit vers l'intérieur, en bas du corps. Contemplez le centre de votre réservoir d'énergie. En observant cette zone, vous produisez de l'énergie, comme les abeilles produisent le miel. Pour y parvenir, il est nécessaire de retrouver l'immobilité, la tranquillité, la paix.


Lorsque vous atteignez assez d'immobilité, vous produisez de l'énergie, vous pouvez retrouver le pouvoir d'aimer, d'être une personne de conscience, qui aime et qui pardonne. Une fois que vous avez produit ce pouvoir, vous retrouvez la capacité d'aimer.

 

Le tourbillon de la vie vous a vidés de votre capacité d'aimer. Il est temps d'entrer en soi-même pour apprendre à reproduire l'énergie qui vous donne la capacité de fonctionner comme une personne aimante, compatissante, généreuse.

Tournez les sens vers l'intérieur pour accepter qui vous êtes, entrez dans la tranquillité afin d'aimer.


Se tourner vers l'intérieur est la première étape.

La deuxième étape est de vous assurer que vous êtes loyal envers votre corps, votre mental et votre esprit. Pendant que vous vous observez intérieurement, le corps produit du Tchi, la force vitale. C'est l'énergie qui vous rend capable de fonctionner, d'inverser le vieillissement, de savoir mettre en œuvre votre conscience morale afin d'aimer, et d'accepter les gens qui vous entourent. Nous avons tous cette faculté ;

 

Ce que la force négative nous présente, c'est un buffet de négativité, elle présente des choses qui paraissent recherchées et délicieuses, mais il s'agit de la tentation qui vous fait perdre la qualité de votre Tchi, vous fait perdre la faculté d'aimer et dêtre compatissant.


Chaque jour la puissance divine, Dieu, le Tao, présente aussi un buffet pour vous rappeler que la nourriture céleste a beaucoup plus de goût. Elle vous libère du stress, vous rend heureux et joyeux. Elle n'est pas aussi divertissante que la force négative, mais elle est plus puissante et apporte plus de sens au parcours de votre vie.


Nous avons entrepris ce voyage pour vivre dans la joie et le bonheur.

La raison pour laquelle nous sommes ici est d'accomplir un parcours plein d'amour, de joie et de paix de façon à enrichir notre esprit. Le ciel grandit en nous, nous n'avons pas besoin d'attendre de nous y rendre.


Nous possédons la faculté de faire grandir le ciel en nous chaque jour.

Nous sommes les maîtres de notre maison.

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21 février 2013 4 21 /02 /février /2013 18:54

 

  Spirits redimensioné

Le non-être, expression difficile à comprendre.

 

En fait, non être ne signifie pas disparaître dans le néant.

 

Non-être signifie ne plus être une chose, ne plus être un objet. Ne plus être un corps.

Le corps fait partie du monde matériel, le monde terrestre.

C’est le monde de la souffrance, du gain et de la perte, du bien et du mal.

 

A mesure qu’on se développe spirituellement, on s’élève peu à peu au-dessus de cette dualité.

On commence à avoir une vue plus unifiée, plus détachée de toutes les choses.

On passe progressivement dans le monde spirituel,

Celui où on n’a pas de corps, et donc pas d’attaches.

Au-delà du bien et du mal, des excès et des vides, des gains et des pertes.

 

Evidemment, cela n’est pas possible à 100 p. 100 tant que nous sommes ici bas. Ici, tout ce que nous vivons nous touche directement.

C’est plutôt ce qui se réalise au complet lorsque nous avons évolué et que nous quittons le corps.

 

C’est sans doute aussi ce que les Bouddhistes appellent l’état de Bouddha, au-delà du Samsara.

 

Etre dans le non-être signifie être devenu un être spirituel non incarné, invisible, comme les anges et les saints du paradis et tous les sages réalisés qui nous aident.

C’est pas des blagues, il y a plein de créatures spirituelles invisibles autour de nous.

 

Si nous réussissons bien notre évolution, nous pourrons encore venir nous balader discrètement dans ce bas monde sans même nous ré incarner.

 

Le non-être ne signifie pas le néant, car l’être spirituel subsiste.

C’est un état de bonheur auquel on peut s’entraîner dès maintenant.

 

--- Ah oui ?? Alors dites-moi donc qu’est-ce que c’est qui subsiste quand on est décédé, moisi et décomposé, ou bien réduit en poudre dans une urne funéraire ??

 

--- Ce qui disparaît, c’est la conscience individuelle, c'est-à-dire la conscience du corps, c'est-à-dire la conscience sensitive, ou sensible = attachée aux sens. C’est ce qui forme la notion d’ego ou soi individuel. Pas la peine de trop lutter pour vous en défaire, l’ego restera au fond de votre tombeau. C’est comme le fric, on ne l’emporte pas avec soi.

 

---Ah bon, et alors, qu’est-ce que c’est qui subsiste ??

 

--- Ce qui subsiste, c’est la conscience supérieure, qui ne nous appartient pas, mais à laquelle nous appartenons. Cette conscience supérieure, c’est l’Esprit. Une conscience qui est déjà en nous en un état peu développé. La conscience qui saisit tout en essence, sans rien séparer en morceaux. Par exemple si vous contemplez une touffe d’herbe, vous êtes la touffe d’herbe, vous êtes la même essence, il n’y a pas de différence entre elle et vous. Cette conscience saisit par identification. Vous êtes dans l’état d’unité, vous êtes le tout.

Comme disait Deepak Chopra à propos de la conscience cosmique :

 

« Quand cette expérience impressionnante se produira, elle te paraîtra aussi simple et naturelle que d'être assis ici, sous les étoiles, mais tu deviendra alors chacune des étoiles qui dansent dans le ciel. »

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25 décembre 2012 2 25 /12 /décembre /2012 12:08

Cet article est la traduction d'une vidéo de Maître Chen, que l'on peut retrouver en anglais sur son site :

http://www.daousa.org/index.php?option=com_content&view=category&layout=blog&id=44&Itemid=93

 

 

About Taoism

 

Le masque du Tao

 

L'existence est tellement chaotique que les gens perdent la faculté d'être vraiment eux-mêmes.

Le stress devient une excuse pour ne plus aimer, ne plus avoir de compassion. Ils s'en exemptent chaque jour en mettant un masque qui montre qui ils prétendent être.

 

Quand nous perdons notre soi véritable, nous aussi portons un masque.

Quand on se maintient dans la négativité, on devient négatif.

La force négative est l'énergie du mal. Lorsque l'on met un masque, on est recruté dans la force du mal, parce que le port du masque ne nous représente pas.

On peut également porter le masque du Tao.

 

Parlons des spectacles de Broadway : les acteurs mettent leurs costumes et jouent un personnage. Ils donnent un spectacle magnifique. Mais après, ils enlèvent leurs costumes, ils tombent le masque et redeviennent eux-mêmes. Ils savent bien si ils sont en train de jouer ou non.

Dans la journée, nous portons un masque pour être quelqu'un : professeur, pédégé, comptable , avocat, teinturier...Dans votre profession, jouez du mieux possible, comme les acteurs sur une scène de Broadway. Mais lorsque vous n'êtes plus dans cette situation, ne voudriez-vous pas ôter le masque et redevenir vous-mêmes ?

 

Lorsque vous maintenez le masque, vous aimez le masque, le masque devient vous, vous êtes l'esclave du masque, et non pas son maître.

Si vous touchez le feu, il vous brûle. C'est la règle. Si vous maintenez le masque, vous devenez le masque, et vous perdez le sens de ce que vous êtes.

 

Qu'est-ce que le masque du Tao ?

La vie est un drôle de jeu, mais nous le jouons tous. Le jeu est un triangle, le triangle victime-persécuteur-héros. Chaque jour, nous jouons un de ces rôles, en étant la victime, ou le persécuteur, puis le héros qui redevient victime. Nous fonctionnons dans ce triangle, ce sont les masques avec lesquels nous jouons.

 

Avec le masque du Tao, nous sortons du jeu. Nous pouvons comprendre et ne plus jouer aucun jeu. Aucun jeu, c'est le masque du Tao. Nous jouons dans la vérité.

Nous sommes vrais envers nous-mêmes. Nous sommes conscience morale et bonté. La bonté est la seule façon d'être vrais, de ne porter aucun masque. Aucun masque, c'est le masque du Tao.

 

Est-ce que vous portez un masque ? Voyez dans votre cœur. Avez-vous assez de bonté pour être bon envers vous-même, compatissant envers vous-mêmes ? Alors vous atteignez la qualité de simplicité. Du moment que vous êtes une personne aimante et bonne, vous êtes une personne très simple.

Revenir à la simplicité, c'est la voie du Tao.

La vie est extrêmement compliquée, mais la simplicité n'a pas besoin de masque. Quand je sais vraiment que je suis bon, alors je n'ai pas besoin de jouer à être bon.

Lorsque je suis bon, je n'ai pas besoin de détester ou d'être détesté, je n'ai pas besoin de juger ou d'être jugé.

La simplicité est la bonne façon de vivre, car elle vous fait comprendre que vous restez reliés à la nature humaine.

Elle vous rappelle également de vous relier au monde, au milieu de vie, à tout ce qui se passe autour de vous. Parce que vous savez vraiment qui vous êtes, et cela vous donne la capacité de savoir, de ressentir ce qui se passe autour de vous, ce qui se passe dans l'air, dans son corps, pourquoi on est stressé, ou malade, et comment on peut revenir à une vie saine, aimante.

 

Porter un masque vous fait oublier qui vous êtes vraiment. Laisser tomber le masque vous donne le sentiment de joie et de fierté d'être dans le Tao, parce que vous comprenez que vous n'êtes plus recrutés par la négativité, mais demeurez dans la positivité.

 

Cette énergie positive vous donne la faculté de connaître la joie et le bonheur véritables de la vie, vous devenez les maîtres de votre vie, et non plus des esclaves de la vie.

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9 décembre 2012 7 09 /12 /décembre /2012 16:15

Cet article est la traduction d'une vidéo de maître Chen,

que l'on peut retrouver en anglais sur son site:  www.daousa.org

sous l'onglet Daoism

 

About Taoism

 

 

A propos du taoïsme

 

 

Le Taoïsme est apparu il y a environ  5000 ans.

Le Tao signifie le chemin, la vérité, le principe, la Voie. De nos jours, on peut l'aborder non pas comme une religion, mais plutôt comme un art de vivre.

L'art de vivre en harmonie avec l'univers, ainsi qu'en harmonie avec soi-même, intérieurement et extérieurement.


Il comporte trois trésors qui sont : la conscience, la compassion et le pardon.

La conscience est ce qui est le plus important pour les humains. (1) La conscience peut littéralement se traduire par bienveillance. La bienveillance est l'origine de la nature humaine. On retrouve ce même principe dans le confucianisme.


Quand on a conscience d'être bon envers soi-même, alors on apprend à aimer. Si on a de la compassion, de la souplesse, de la douceur, envers soi,on peut être un humain capable d'amour et de compassion. Nous avons tous ces qualités conscientes.

 

Le monde d'aujourd'hui est en état de chaos, parce que nous sommes habités par les désirs matériels : l'emploi, la famille, les emprunts... autant d'obligations qui produisent une vie pleine de stress. Nous perdons la conscience d'avoir de l'amour et de la compassion pour nous-mêmes. Le stress devient une excuse pour ne pas être aimable envers soi et les autres qui nous entourent. Par une réaction en chaîne, nous jugeons les autres, et sommes aussi l'objet de jugements. Cela devient un cauchemar. Nous ne ressentons pas d'amour pour nous-mêmes, nous n'en ressentons pas pour les autres : la famille, les parents, les enfants, les amis, la communauté, le monde.

Nous perdons la compassion, la gentillesse, qui est un don du ciel. C'est l'univers qui nous a donné la bonté de notre nature.

 

Tourner nos sens vers l'intérieur permet de retrouver notre conscience, et de nous accepter. Lorsque nous apprenons à nous aimer, nous devenons capables d'aimer les autres.

C'est là le premier principe du Tao. Demandez-vous : est-ce que je m'aime moi-même ? Est-ce que j'aime ceux que je prétends aimer ?


 

Le second principe est la compassion. Lorsque vous avez l'amour dans le cœur, vous êtes compatissant. La compassion vous rend différent des autres. Elle fait de vous une personne extraordinaire. Elle vous permet de dépasser l'attachement humain ; la négativité, les défauts humains ne vous affectent plus, vous devenez compatissant. L'amour peut s'appliquer, c'est une application de la conscience . Vous devenez capable d'appliquer la compassion à ceux qui vous entourent sans aucun jugement sur la race, l'apparence, l'intelligence... Nous aimons les gens tout comme nous nous aimons nous-mêmes ; nous devenons des citoyens de la planète, qui appliquent une conscience compatissante à notre monde. Nous sommes tous les mêmes, nous partageons le même air, le même soleil...La compassion est l'application de la conscience.

 

Le troisième principe est le pardon. Grâce à la conscience, à la compassion, nous sommes capables de nous pardonner à nous-mêmes et ensuite capables de pardonner aux autres. Le pardon est une qualité d'Immortel. Vous passez au-delà des qualités ordinaires. Vous ne persécutez pas les autres. Vous dépassez les problèmes de travail, de manière de vivre. Vous savez vivre et laisser vivre. Je mérite la façon dont je veux vivre et les autres méritent aussi la façon dont ils veulent vivre. Sans jugement. Nous ne sommes plus les victimes de la vie, mais les maîtres de notre vie.

Quittez votre nid confortable et rapprochez-vous des autres. Si nous ressentons assez d'amour nous sommes capables de pardonner ce que les autres nous font et quoi que ce soit. Nous n'avons pas besoin de sortir des armes pour nous défendre.

 

Les trois applications de la conscience. Nous apprenons à suivre la nature, aimer le monde, nous aimer nous-mêmes, avoir de la compassion, pardonner. Alors le monde deviendra un endroit de vie magnifique et harmonieux comme il doit l'être. Un endroit pour vivre dans une grande harmonie et une grande paix.

 

 

 

 

 

NOTES de la rédaction

1. Conscience.  Le mot utilisé se réfère davantage à la conscience morale qu'à la fonction de perception. Mais il n'y a pas grande différence entre les deux.

Le mot bienveillance est employé indistinctement des mots amour ou bonté.

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1 novembre 2012 4 01 /11 /novembre /2012 16:24

shan zha 1  shan zha 3

 

La pommette de l’aubépine, (crataegus, Shan Zha) est abondante en automne. Peu de gens connaissent ses bienfaits quand on l’utilise en décoction.

 

 

shan zha 4C’est un excellent médicament dans les cas d’indigestion. Elle facilite la digestion de la viande et des corps gras. Elle facilite la circulation sanguine et s’emploie aussi dans les maladies cardiovasculaires, contre l’hyperlipémie, le cholestérol. Elle prend soin des artères coronaires, et des autres. Utile dans l'hypertension.

 

C’est parce qu’elle excelle à dissoudre le gras, mais en plus elle assouplit les tissus endurcis. Elle garde donc les artères souples, et nous savons tous que « nous avons l’âge de nos artères ! »

 

Les ménagères chinoises l’utilisent pour attendrir les vieilles poules à la cuisson, c’est tout dire !

 

shan zha 5Voilà donc de bonnes choses à savoir, et pourtant,

Pourtant c’est aussi un exemple des trésors de sagesse que recèle la tradition, et si peu d’entre nous y ont accès. Nous avons entendu parler du Ginseng, du Go Ji, mais il y a bien autre chose !!

 

La pommette n’est qu’un exemple; le savoir des sages anciens contient tout ce qu’il nous faut pour mieux vivre, et tout ce qu’il nous faut pour en finir avec les problèmes de toutes sortes qui nous entourent.

 

Mais savons-nous y avoir accès ?

 

shan zha 7Taichi, Qigong, Pharmacopée, enseignements spirituels, tout est disponible, ne le ratons pas, et nous raterons beaucoup moins tout ce que nous faisons.

 

Le trésor de sagesse peut changer notre vie et changer le monde, nous l'avons sous la main, allons-nous le laisser dormir ??

 

 

shanzha 9shan zha 6

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  • Après une carrière de professeur et praticien certifié en Médecine chinoise, je m'intéresse maintenant aux questions fondamentales de l'existence. Je puise mon inspiration dans la sagesse orientale autant que dans les savoirs modernes.
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